L'Expression

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La volonté d’Allah

Nos routes continuent de tuer.

Cette fois-ci, la mort a encore frappé. Elle n'a point frappé sur un tronçon, mais sur un parvis situé à 10 mètres du domicile, où habitait, quelques heures seulement avant sa mort atroce, écrasé par la marche arrière, le petit Sid Ahmed, qui aurait atteint l'âge de 11 ans, le mois prochain, le mercredi 15. L'accident était intervenu non sur une route goudronnée, mais dans une aire de jeu, sans clôture, dans la périphérie de la ville. Le père de la victime, Hadj Abdeldjaoued N. fait preuve d'un courage à couper le souffle, trois semaines seulement, après le drame. Cette situation mérite que l'on s'y attarde, car Hadj Abdeldjaoued, a eu un digne et encourageant comportement, malgré le deuil qui a frappé la famille, le voisinage et toute la région, car «Tayeb Lindo», l'auteur de l'accident, a longtemps pleuré la disparition de Sid Ahmed, du fait des rapports fraternels des deux familles! «La volonté d'Allah empêche tout blasphème et une quelconque colère contre Sa Volonté, est indésirable!» dira au cours des débats, le papa de la victime. La présidente de la section correctionnelle, probablement une jeune mère de famille, a même laissé échapper quelques larmes, après le déversement de ces propos qui ont percé le coeur de tous les sensibles individus. C'est pourquoi, elle a bien fait de lever l'audience pour un bon quart d'heure, histoire de se calmer, car et c'est connu et reconnu qu'une magistrate bouleversée, émue ou en colère,ne peut juger sereinement des débats, de quelque nature, qu'ils soient! Dans la salle d'audience, les quelques présents aussi ne pouvaient retenir leur émotion. Ce jour-là, la mort d'un très jeune ado, a rappelé à tout le monde, le retour certain à Allah, d'une manière ou d'une autre! Sur son siège, le jeune parquetier semblait lui aussi préoccupé par l'attitude de l'inculpé, un jeune homme qui pouvait être le père de la victime, un voisin de cité «Mahmoud Benmahmoud», vu sa position vis-à-vis de la descente raide, qui va du cimetière à l'aéroport, en passant par le quartier «Bourgeois» de la tentaculaire ville où, pour la première fois de son histoire, elle connaît un tel drame éprouvant et insupportable! Un accident où l'inculpé est un étranger au quartier et à la famille, passe. Mais un sinistre qui arrive par une main familière et connue des victimes, est véritablement une catastrophe démesurée et aux conséquences incalculables pour tout ce beau monde. Or, à la barre, Tayeb, l'inculpé, en larmes, en faisant le récit de l'horrible accident, se lâche et s'écrie, dans une immense salle d'audience, aux trois- quarts vide, baignant dans une grande et touchante émotion, qui donnait un air d'une fraiche et frappante désolation: «Que pouvais-je faire car, au moment où j'allais démarrer, sans avoir fait l'inévitable tour du camion, comme je le faisais, à chaque fois que je partais, lors de la marche arrière, le petit Sid Ahmed, lui, était sur le châssis, en train de jouer sans se rendre compte, pas le moindre du monde, du danger. Je n'ai arrêté la marche arrière qu'en étant ameuté par les enfants qui jouaient dans les parages! Lorsque je suis descendu en catastrophe, du poids lourd, et à la seule vue de l'enfant déchiqueté, j'étais si bouleversé, que je me suis mis, tout de suite, sans me maîtriser, à vomir! Comme il était midi passé, je rendis sur place, tout le plat que j'avais pris quelques minutes auparavant, au restaurant « Le prince», situé à quelques pas du terrain vague, l'endroit où j'avais garé mon camion, en compagnie de Hadj Abdelouaheb, mon cousin, qui m'a invité ce jour-là, à déjeuner en sa compagnie. Lorsque le sinistre est arrivé, je l'appelais pour l'avertir, mais son mobile était mis sous l'éteignoir! Voilà, madame la présidente, ce qui s'est réellement passé ce jour noir pour tout le monde! Je me sens un peu affaibli par le jeùne de 60 jours, qui m'a été prescrit par la seule chari'a. Et tant que les souvenirs me sont revenus, dans la foulée, je suis prêt à vous répondre sur les moindres détails de cet affreux accident qui m'a aussi endeuillé, vu que j'ai d'excellents rapports d'alliance avec la famille du défunt. » dit, presque d'un trait, malgré la visible et inévitable douleur, qui se lisait sur son visage qui a perdu momentanément de sa superbe, l'inculpé d'homicide involontaire, fait prévu et puni par l'article du Code pénal.
La juge ne força pas sur le champignon, en ajoutant des questions qui n'auraient finalement que rallumer la flamme ravageuse de l'accident. Elle regarda en direction du procureur qui, lui aussi, semblait satisfait du récit de l'inculpé, qui a dit la stricte vérité, elle-même dite par les témoignages recueillis sur place par les éléments de la police judiciaire. Et quand arriva le tour du père de la victime, tout était ficelé. Il s'agissait bel et bien d'un affreux et lamentable accident de la circulation, comme on en voit tous les jours. C'est affreux! Il a donc paru normal, que la juge mette le dossier en examen sous huitaine, après les sages et humaines demandes du procureur!

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