L'Expression

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Très chaude confrontation!

Notre chronique du 2 novembre 2021, s'achevait sur le report des débats, en attendant les absents, dont la présence était plus qu'utile à la cour.

Cette sale et lâche histoire de coups et blessures volontaires à l'aide d'une arme blanche, allait connaître son verdict final, puisque le procès tenu au tribunal, a vu l'inculpé écoper d'une peine d'emprisonnement ferme de 3 ans et d'une amende aussi, ferme de 200000 DA!
C'est ainsi qu'Omar K. allant droit sur la trentaine, s'était disputé avec Achour C. son voisin de palier, «un être exécrable» selon le prévenu. Akila T.
La prof, que le prévenu a désiré voir à la barre, témoigner sous serment, que Mohamed R, la pseudo-victime, était de mauvaise foi, et qu'il était l'instigateur de la rixe, qui a amené tout ce beau monde devant la justice. «Mais alors, revenons au début du malentendu qui a engendré toute cette ridicule situation, dans laquelle la justice a été traînée, et qui fait perdre son temps aux magistrats qui ont mieux à réaliser!», tonne le juge devant ses deux conseillers, toute ouïe tendue. Le procureur, lui, a un oeil sur son phone, probablement mis sous mode silencieux.
Le président invite du regard le prévenu qui n'attendait que ce signal pour vider sa gibecière, surtout que c'est le magistrat qui lui a donné la parole. Il commence par les coups esquivés, mais le président l'arrête net: «Holà, prévenu! Lorsqu'on débute une histoire il ne faut jamais grignoter le début! Comment est né le différend?», articule à dessein, le juge qui va être très satisfait, puisque le détenu informe la composition et le parquetier qu'il n'avait guère voulu cette rixe, mais qu'il a été poussé à bout par les propos de la pseudo-victime. (Pour une bonne compréhension de l'affaire, nos lecteurs sont priés de parcourir la colonne à gauche de la page.) Le procureur, lui, est à pied d'oeuvre, avec le Code pénal et cherche probablement le bon article à coller à ce mystérieux prévenu. Pourtant, il sait que son jeune collègue du tribunal a choisi l'article 264. Les coups et blessures volontaires relèvent effectivement et exclusivement de l'article 264 du Code pénal.
Le moment d'intervenir pour la victime, est venu:
«Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'au moment oû je tendais la main pour lui demander de faire enfin la paix, il m'envoya deux coups de couteau, qui me blessèrent gravement à la main droite! C'est tout ce que j'ai à déclarer, le reste, relève de la justice!», dit, sur un air grave et catastrophé, Mohamed R. Visiblement démonté. Le juge appelle les deux avocats et leur souffle en aparté, des choses qu'eux seuls, entendaient. Le juge demanda alors à l'unique témoin de la scène, la prof' Yasmine B. d'éclairer la composition correctionnelle, pour aller droit, normalement, vers la réflexion, avant de décider souverainement, du verdict salé, récolté au tribunal. La bonne dame s'approche du prétoire, lève la main droite, marmonne le traditionnel serment, énoncé, auparavant par le magistrat, et commence par le récit qui apportera du nouveau dans l'affaire: «Le voisin blessé avait interpellé dans un mauvais langage, le prévenu, qui cracha sa plus mauvaise moue, et se dirigea vers la victime... Il...
-Attendez, svp, prof'! Le mauvais langage, était quoi? C'est la loi, et vous devez le répéter mot à mot! », articula le juge, qui vit la femme rougir, jusqu'aux oreilles, président, le suis avant d'être une enseignante, une éducatrice. Je ne vais tout de même pas dire des énormités devant tout le monde!»;
-Si, Madame! La loi est faite pour être respectée, et vous devez répéter «le mauvais langage»! Nous attendons, donc, votre précieux témoignage, svp.», mâchonne le magistrat, qui semble plus calme.
Le témoin rumine du bout des lèvres une prière, probablement et lance: «La victime a appelé le prévenu:
«Cocu (en arabe, cela donne évidemment «tahanne») qui reste chez nous une très grave insulte. Il lui a répondu en ll'agressant d'un violent coup de... coupe-ongles, je n'ai pas vu de couteau à proprement parler! Après avoir laissé le léger brouhaha, passer, le juge, édifié, dit à Mohamed R. la victime:
«Ecoutez, si le témoin n'a pas dit la vérité, vous serez «vengé»! Alors, la victime laissa sortir la vérité: «La prof' n'a pas menti.» Sur ce, le président leva l'audience pour une brève mise en examen. Au retour, le verdict sera plus indulgent pour Omar K. le prévenu, qui retrouvera la liberté le soir même, bénéficiant du sursis! La sale affaire avait pour noms: «le couteau et le coupe-ongles!»;

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