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Afrique du Sud, histoire et littérature

Le regard pointu de Benaouda Lebdai

Casbah Editions nous surprend toujours, agréablement, par des choix éditoriaux de thèmes qui sortent des sentiers battus.

«Afrique du Sud, histoire et littérature» en est l'une des parfaites illustrations des sélections judicieuses qu'effectue cette maison d'édition qui concilie tous les ingrédients d'une maison d'édition grande et professionnelle. Benaouda Lebdai est un africaniste comparatiste, qui, depuis des décennies,, porte un intérêt total pour la littérature et l'histoire de l'Afrique du Sud. L'auteur qualifie d'ancrage son intérêt pour la littérature et l'histoire de l'Afrique du Sud. Il y a lieu de rappeler que la littérature sud-africaine s'est inscrite dans les travaux de recherche du brillant universitaire et écrivain Benaouda Lebdai au point de devenir un accompagnement intellectuel sur le long cours. Ce sont ses travaux et leur essence que lebdai propose de mettre en perspective dans l'ouvrage «Afrique du Sud: histoire et littérature», publié chez Casbah éditions où il a déjà édité un livre intitulé «Winnie Mandela, entre mythe et réalité», livre qui a obtenu un immense succès, faut-il le rappeler.

Une histoire tragique et bouleversante
Quel est l'objectif que s'est assigné Benaouda Lebdai en réalisant ce livre? Il répond que son ambition consiste à analyser la manière dont cette littérature a placé au coeur des textes littéraires un immense pays en mouvement, l'Afrique du Sud, avec son histoire tragique et bouleversante. «Ce pays attire et fascine pour des raisons historiques, politiques, culturelles, littéraires. Il suscite de l'intérêt de par la complexité de son histoire et la diversité de sa population», explique l'écrivain chercheur Benaouda Lebdai en ajoutant que l'Afrique du Sud est un pays qui a focalisé l'attention internationale durant des décennies à cause précisément de son Histoire complexe et de la politique d'apartheid imposée aux Noirs par les Blancs. Les réflexions de Benaouda Lebdai, au fil du temps, l'ont ainsi mené à souligner la richesse de sa diversité culturelle et littéraire. «L'issue de la longue histoire coloniale de l'Afrique du Sud fut suivie avec un intérêt soutenu et beaucoup de passion par les militants anti-apartheid du monde entier et par l'ensemble des instances internationales», explique encore l'auteur. Il rappelle que depuis les années 1960, les intellectuels des pays africains nouvellement indépendants ont soutenu le combat des Sud-Africains noirs contre l'apartheid: le pays a fait partie de la géographie coloniale, car ses terres furent pillées, occupées, déconstruites, ses peuples autochtones furent maltraités, déchirés, déstructurés, dépersonnalisés, traumatisés. «Face à ces faits et à une histoire particulière, il est pertinent pour tout critique littéraire comparatiste d'établir des ponts et des liens entre les disciplines, dans la perspective d'une compréhension plus juste et plus équilibrée des créations littéraires sud-africaines.

Du rapport étroit entre «littéraire et «histoire»
Lorsqu'on analyse les littératures africaines, qu'elles soient anglophones ou francophones, il est quasiment impossible d'ignorer les relations étroites entre les littératures et l'Histoire», étaye encore l'auteur. Le livre de Lebdai met en avant combien les littératures de l'Afrique du Sud reflètent sa grande Histoire qui est en mouvement et combien ces littératures retracent des histoires individuelles à travers des récits ancrés dans un terroir politique et idéologique violent. «Mon analyse des textes littéraires choisis souligne justement la force de la relation Littérature/Histoire en contexte sud-africain et montre combien l'Histoire y est prégnante», confie Lebdai. Le livre est divisé en 16 chapitre dans lesquels l'auteur pose une question: est-ce que la littérature sud-africaine est au service de l'Histoire, ou vice versa?

Un livre divisé en 16 chapitres
«Le débat théorique est pertinent d'autant plus qu'au-delà de la présence de l'Histoire en termes de faits historiques marquants, mon analyse s'attache aussi à montrer les souffrances du peuple noir», explique Lebdai. L'analyse de ce dernier consiste à décrypter comment les romans du corpus sélectionné dévoilent ce qu'ont vécu dans leur corps, dans leur chair et dans leur tête, les Noirs, les Métis et les Indiens. Selon Benaouda Lebdai, les évènements tragiques que le peuple noir opprimé a vécus sur le plan physique et psychologique expliquent sans nul doute leurs centralités dans les récits littéraires analysés. La question de la manipulation des faits et des évènements qui ont marqué les hommes et les femmes d'un pays colonisé, qu'ils soient noirs, indiens, métis ou blancs, est posée. L'auteur explique que l'objectif est également de voir si la littérature sud-africaine corrige les diverses interprétations des faits historiques ou pas. L'ouvrage analyse aussi comment les archives sont exploitées pour contredire ou rectifier l'Histoire. Parmi les chapitres du livre de Lebdai, on pourrait citer celui inhérent à la relation entre Frantz Fanon et l'Afrique du Sud, celui de la trace colonialiste dans «Terres de crépuscule» du Nobel de littérature J. M. Coetzee, l'histoire et la réaction littéraire des Sud-Africains, la géographie de l'Apartheid, la Commission Vérité et Réconciliation pour le vivre ensemble, le cinéma sud-africain, etc. Le lecteur pourra également lire de très intéressants entretiens avec des écrivains sud-africains, réalisés par Benaouda Lebdai comme André Brink, Zoë Wicomb, David Medalie et Dennis Brutus. Lire ce livre, c'est tout simplement voyager dans l'univers pathétique de l'Afrique du Sud, la patrie du mythique et légendaire Nelson Mandela.

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