L'Expression

{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

Younès Kouider, artiste plasticien, à L’Expression

«Le rôle de l’artiste est de créer librement..»

Il pratique l’art du tissage avec talent en lui insufflant une touche résolument contemporaine. Mais il s’adonne aussi à la peinture avec comme dénominateur commun à ces deux formes d’arts plastiques, l’amour des couleurs et de la matière. Artiste au parcours atypique, Younès Kouider nous parle ici de sa passion pour l’art et nous dévoile ses ambitions…

L'Expression: Vous avez entamé, vos études d'abord par l'architecture, puis vous vous êtes dirigé vers les arts plastiques. Un mot sur votre parcours atypique...
Younès Kouider: Après mon bac j'ai fait une année d'architecture, mais au fond, je voulais faire de l'art. En 2010 j'ai obtenu une bourse à Maharishi International University et j'ai rejoins Fairfield Iowa pour commencer des études d'art de 4 ans. En 2018 j'obtiens mon BFA et je rentre en Algérie pour travailler dans les huiles essentielles jusqu'à janvier 2018 ou je reviens dans la même université pour étudier un master en studio art que j'obtiens en décembre 2018. Il faut dire que les cours de géométrie descriptive m'on aidé dans mon parcours artistique.

Vos deux médiums artistiques de prédilection sont la peinture et le tissage. Pourquoi ce choix?
En fait j'ai travaillé dans plusieurs médiums comme la sculpture, les installations, et les vidéos en plus du tissage et de la peinture. Dans la peinture j'ai commencé très jeune. À l'âge de 5 ans, je réalise ma première peinture à l'huile où je peins la mer, un pêcheur sur un bateau et un mur en pleine mer. Le tissage a commencé en 2018 à la fin de mon master. Je cherchais un lien fort avec mon pays et j'ai naturellement découvert ma propre façon de tisser avec différents tissus et différents matériaux comme le plastique. Mais je pense que ce qui m'a inspiré c'était ma grand-mère qui tissait et faisait participer, à la fin d'un tapis, tous les membres de la famille.

Le tissage s'apparente à un art ancien, voire artisanal. Quel attrait vous lui trouvez en particulier?
De nos jours la séparation entre l'artisanat et l'art contemporain est de plus en plus étroite. Le tissage a longtemps été associé à l'artisanat, mais ça a changé. Beaucoup d'artistes comme Victoria-Idongesit Udondian ou encore Faig Ahmed donnent au tissage une dimension conceptuelle. Ma relation avec le tissage est très profonde et me renvoie vers une pratique ancestrale. C'est aussi un moyen d'expression visuelle pour moi.

Dans votre peinture il y a ce mélange de signes et d'animaux. Pourquoi d'abord et comptez-vous explorer d'au- tres sujets dans vos toiles?
Je dis toujours que je peins des animaux du monde entier et c'est ma vision universelle du monde, mais en même temps, j'inscris des symboles inspirés de l'Afrique du Nord et de la géométrie et symboles berbères pour revendiquer ma culture. Je suis, bien sûr, ouvert à d'autres sujets de peinture, bien différents selon l'inspiration du moment. La mythologie m'inspire beaucoup aussi et j'ai pas mal de dessins inspirés de ça.
Le tissage demande beaucoup de patience et l'installation beaucoup d'espace. Pensez-vous que c'est un art qui est compris en Algérie et trouvez-vous des acquéreurs potentiels pour votre art?
Je pense que le rôle de l'artiste est d'abord de créer librement. Après, il y a des personnes qui aiment et qui comprennent et d'autres qui aiment moins. Mais je pense profondément que l'artiste doit s'exprimer par ses tripes et son âme et ne jamais se soucier de la réaction des gens ou de la vente de ses oeuvres pendant la création. Je pense aussi profondément qu'en Algérie beaucoup d'amateurs d'art sont à la recherche de créativité et de nouveauté.

On croit savoir que vous deviez partir cet été, rejoindre l'université de Yale pour un master en Fine Art pour une durée de deux ans. Qu'en est-il vraiment?
C'est toujours d'actualité, je dois rejoindre l'université de Yale en août prochain pour un MFA en sculpture donc un master de deux ans. Si la situation sanitaire nous le permet bien sûr. J'ai hâte d'y être.

Enfin, comment, en tant qu'artiste avez-vous vécu ou vivez-vous cette période de pandémie?
Personnellement, j'ai vécu le début du confinement très bien, car j'avais moins de distraction et je pouvais me concentrer sur mon travail artistique et entreprendre des projets qui demandaient du temps et de l'attention. J'ai pas mal exposé en 2021. Donc, je suis assez content par rapport à ça. D'un autre côté, on ne peut qu'être touché et profondément attristé par tous ceux qui ont perdu leurs proches durant la période Covid. Je souhaite que nous puissions vaincre cette pandémie et retrouver une vie normale.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours