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Fatima Moussa-Babaci

Un livre sur les victimes des traumatismes

Un nouveau livre en collaboration avec plusieurs autres spécialistes venant de plusieurs horizons, concernant un thème, plus que jamais d’actualité et d’un intérêt certain…

Docteure en psychologie de l'université Paris Descartes et professeure en psychologie clinique à l'université d'Alger, Fatima Moussa-Babaci vient d'éditer, chez Casbah-Editions, un nouveau livre en collaboration avec plusieurs autres spécialistes venant de plusieurs horizons, concernant un thème, plus que jamais d'actualité et d'un intérêt certain: «Devenir des victimes et prise en charge des traumatismes.» Le livre coordonné par Fatima Moussa-Babaci n'est pas seulement destiné aux spécialistes en la matière. Il s'adresse au grand public qui veut comprendre les aspects développés et expliqués par les différents intervenants de cet ouvrage.
Ce dernier est préfacé par Farid Kacha, l'un des plus éminents psychiatres algériens. Il est postfacé par le brillantissime neuropsychiatre et psychanalyste français Boris Cyrulnik, qui est l'auteur de plus de trente livres. D'abord, ce qui retient l'attention dans ce livre, c'est le fait que la professeure Fatima Moussa Babaci a pu rassembler autant de compétences autour d'un sujet d'actualité, comme le relève Farid Kacha dans sa préface.
Les champs des violences
Ce dernier précise en outre que Fatima Moussa-Babaci a conçu ce livre comme une confrontation de différents courants de pensée et de différentes situations traumatiques tant nationales qu'internationales.
Farid Kacha souligne que dans ce livre, les auteurs ont balayé tous les champs des violences subies, des plus sournoises comme celles subies dans l'intimité depuis des lustres par les femmes de notre pays, sans oublier celles que nous avons tendance à dénier, comme les violences vécues qui accompagnent l'exil et les migrations.
«Combien de personnes payent chaque année de leur vie leur désir impérieux de chercher de meilleures conditions de vie!
L'errance de nos harraga migrants en mer Méditerranée doit interpeller notre conscience et celle des responsables», indique Farid Kacha qui est également le président de la Société algérienne de psychiatrie et écrivain.
La liste des traumatismes vécus par les Algériens, à commencer par les colonisations qui ont duré des siècles, la guerre de libération, la décennie noire sans oublier les catastrophes naturelles régulières: les tremblements de terre et les inondations dont les plus traumatisantes sont sans doute celles de Bab
El Oued.
Contextes et conséquences
Dans le livre écrit sous la direction de Fatima Moussa-Babaci, une partie des analyses ont une approche psychologique et d'autres sont plutôt enclines à avoir un regard sociologique. Fatima Moussa-Babaci explique que cet ouvrage est le fruit de recherches, de pratiques cliniques sur le traumatisme et d'expériences en lien avec des moyens de prise en charge et d'interventions entreprises sur les plans institutionnels et associatifs en Algérie.
«Certaines contributions, émanant d'autres pays viennent conforter cette idée que la souffrance liée aux contextes de violences présente un caractère d'universalité, précisément parce que le traumatisme et ses effets, bien qu'à multiples facettes, exprime dans son processus ce caractère commun qui contribue à un enrichissement réciproque de l'expérience», ajoute Fatima Moussa-Babaci. Cette dernière rappelle que l'idée de réaliser ce livre émane d'une préoccupation sur les conséquences des traumatismes liés à la violence terroriste en Algérie: «Pour l'heure, tenter de préserver la santé mentale en général est une priorité pour les professionnels de terrain. Mesurer les conséquences du traumatisme qui explique en partie la violence actuelle et la recrudescence des pathologies mentales et somatiques et mettre l'accent sur une prise en charge adaptée, est un défi dur à relever». Dans les différents chapitres de ce livre, les auteurs reviennent, entre autres, sur les séquelles de la guerre d'indépendance, les traumatismes migratoires et la résilience culturelle comme levier thérapeutique, les femmes victimes de violences et leur accompagnement, le devenir à moyen terme des enfants traumatisés, le sens à donner aux nouvelles formes de violence, le cyberharcèlement entre jeunes et ses conséquences psychologiques, les effets psychiques de l'offense coloniale en Algérie... Un message d'espoir est donné au lecteur à la fin du livre, dans la postface de Boris Cyrulnik: pourrait-on vivre sans violence? La réponse est oui, c'est ce qu'on espère. 

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