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Législatives en France

La gauche en ordre de marche

Unie pour ce scrutin uninominal à deux tours, la gauche se prend désormais à espérer une «victoire» face au Rassemblement national.

Les partis de gauche français devaient détailler, hier, leur programme commun pour les élections législatives anticipées des 30 juin et 7 juillet, annoncées à la surprise générale par le président Emmanuel Macron et qui n'en finissent pas de diviser à droite. Quatre jours après le séisme provoqué par la dissolution de l'Assemblée par le chef de l'Etat à la suite de la victoire de l'extrême droite aux européennes, les principaux partis de gauche ont annoncé jeudi soir un accord portant sur un «programme de gouvernement et des candidatures uniques». Fruit d'intenses tractations, ce programme commun de «rupture», avec une «déclinaison pour les 100 premiers jours du mandat», doit être détaillé à 11H30 (09H30 GMT) à Paris lors d'une conférence de presse des chefs de file de ce «Nouveau Front Populaire». Les ténors socialistes, La France insoumise (LFI, gauche radicale), écologistes et communistes ont multiplié jeudi les superlatifs pour saluer un «événement politique considérable en France», «une page de l'Histoire». Même l'ancien président socialiste François Hollande, pourtant très hostile à LFI, a dit soutenir cet accord. Pour faire barrage à «l'extrême droite», «on va au-delà des divergences», a-t-il expliqué sur TF1. Ainsi unie pour ce scrutin uninominal à deux tours, la gauche se prend désormais à espérer une «victoire» face au Rassemblement national (RN), donné largement en tête. Reste un sujet épineux: le choix du nom d'un éventuel Premier ministre.
Un paysage loin des fractures au parti conservateur Les Républicains (LR), dont le président Eric Ciotti conteste son exclusion pour son ralliement au Rassemblement national. Le tribunal judiciaire de Paris a examiné hier son recours. Dans le camp gouvernemental, promis à une lourde défaite, le Premier ministre Gabriel Attal est rentré dans le grand bain jeudi dans le nord du pays, sans réussir à masquer un certain malaise. M. Macron s'est pour sa part envolé pour l'Italie, où il prend part au sommet du G7 à Bari. «Je ne crois pas» être affaibli sur la scène internationale, a-t-il assuré jeudi à des journalistes dans les Pouilles, affirmant que ses homologues avaient jugé «courageux» son choix de dissoudre l'Assemblée nationale.
Du côté du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont déjeuné jeudi avec M. Ciotti, leur nouvelle prise de guerre. Les deux responsables d'extrême droite vont faire vendredi campagne sur le terrain, Marine Le Pen dans son fief d'Hénin-Beaumont, dans le nord de la France, pour une déambulation sur le marché le matin, et Jordan Bardella dans une exploitation agricole du Loiret (centre), l'après-midi. Huit mois après l'implosion de la Nupes, leur précédente alliance, les partis de gauche ont arrêté un partage des 577 circonscriptions du pays prévoyant notamment 229 candidatures pour LFI, 175 pour le PS, 92 pour les Ecologistes et 50 pour les communistes.
Les responsables des Républicains doivent pour leur part réunir un nouveau bureau politique pour valider formellement l'éviction de leur président prononcée mercredi. Mais les responsables de LR n'en ont pas fini avec leurs divergences, notamment au sujet de l'attitude à adopter dans les cas de duels entre le «Nouveau Front Populaire» et le RN au second tour le 7 juin. L'eurodéputé François-Xavier Bellamy voterait «bien sûr» pour le RN, a-t-il lâché avant de temporiser sur les réseaux sociaux, quand d'autres prônent l'abstention. Côté majorité présidentielle, M. Attal doit se rendre vendredi aux chantiers de Saint-Nazaire et à Nantes, dans l'Ouest, pour un déplacement consacré à l'économie et aux entreprises, avec dans le viseur RN et LFI.
Jeudi, il a fustigé un «accord de la honte» à gauche, estimant que les électeurs du candidat soutenu par le Parti socialiste, Raphaël Glucksmann, «doivent se sentir tellement trahis» par l'alliance avec LFI. En marge du G7, Emmanuel Macron a convoqué pour sa part un autre argument: l'approche des JO de Paris du 26 juillet au 11 août. Les Français vont «intégrer les Jeux olympiques» dans leurs «choix» aux législatives, a-t-il assuré. «Je pense qu'ils n'ont pas envie d'avoir des Jeux olympiques qui se présentent mal» avec «des gens qui ne sont pas prêts du tout» à organiser, a-t-il souligné en visant implicitement les dirigeants du Rassemblement national.

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