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Abdelaziz Belaïd propose une réconciliation avec les patrons incarcérés

Argent détourné contre liberté?

Doit-on offrir aux hommes d’affaires emprisonnés l’occasion de monnayer leur liberté? Récupérer l’argent, relancer les entreprises et sauver les milliers d’emplois, ces trois actions suffiront-elles à compenser la pénitence?

En promettant d'éradiquer la corruption, le prince héritier Mohammed Ben Salmane (MBS) n'avait pas hésité, en 2017, à arrêter plus de 200 personnalités influentes dont des princes, des membres de la famille royale, des ministres et des hommes d'affaires. Ayant un objectif clair, MBS qui savait pertinemment qu'il n'y avait rien à gagner en plaçant ces corrompus en prison, avait décidé de récupérer l'argent détourné, à sa manière. Ceux qui voulaient retrouver la liberté devaient en payer le prix.
Le prince Mutaib, 50e fortune mondiale, n'avait pas hésité à le faire en déboursant plus d'un milliard de dollars. Il sera suivi par bien d'autres et pas moins de 100 milliards de dollars ont été récupérés grâce à des accords financiers. Au Nigeria, le scénario est un peu plus différent avec la fortune d'Abacha, mais le principe a été le même: le rapatriement de l'argent volé a pris plus de 16 ans de négociations où le Nigeria a dû accepter d'abandonner une affaire judiciaire liée à cette famille. Et Dans ces affaires et bien d'autres, il ne s'agit pas en premier de punir les dirigeants corrompus et véreux, mais plutôt de mettre la main sur l'argent de l'Etat, dilapidé. Et c'est exactement ce que préconise Abdelaziz Belaïd, le président du Front Al Moustakbal qui n'hésite pas à proposer une «réconciliation» avec les patrons emprisonnés. Ex-militant du FLN et candidat malheureux à l'élection présidentielle, Abdelaziz Belaïd a réitéré dans un entretien à la télévision publique algérienne, son appel à une «réconciliation avec les patrons incarcérés», à condition que ces derniers restituent les fonds détournés. «C'est une réconciliation qui est dans l'intérêt de l'Algérie et de son économie», a-t-il soutenu. «Demander des comptes aux hommes d'affaires et aux cadres impliqués dans des affaires de corruption prendra beaucoup de temps et les procès vont durer, et cela ne sert personne», a-t-il dit. Pour convaincre, Abdelaziz Belaïd n'hésite pas à rappeler que l'Algérie a déjà pardonné à des terroristes, qui ont «tué et égorgé des gens», dans le cadre de la Réconciliation nationale. Et d'ajouter «il faut tourner la page et aller de l'avant. Nos enfants sont tous des chômeurs, ils sont dans le besoin». Pour le président d'El Moustakbel, l'Algérie devrait adapter les lois et mettre en place de nouveaux mécanismes dans l'unique but de lancer des négociations avec les hommes d'affaires incarcérés «pour récupérer les fonds détournés, en échange par exemple de réductions de peines. Cette démarche existe dans plusieurs pays et nous permettra de relancer l'économie», a insisté Abdelaziz Belaïd. Il faut dire qu'en Algérie et depuis l'avènement du mouvement de protestation populaire, une large campagne anticorruption a été menée. Des arrestations à la pelle ont été effectuées au sein des anciens membres du gouvernement, mais aussi la classe politique et les hommes d'affaires. Les Ouyahia, Sellal, Tahkout, Haddad, Kouninef ou encore les Baïri et Oulmi se retrouvent tous en prison pour avoir volé et détourné de l'argent. Cependant, non seulement l'argent n'a pas été récupéré, mais avec la fermeture de leurs usines et entreprises, ce sont des dizaines de milliers de salariés qui se sont retrouvés sur le carreau. Le désastre causé à l'Algérie est inestimable et les chances de rapatrier, ne serait-ce qu'une infime partie du trésor, paraît irréaliste! Trouver le moyen de renflouer les caisses serait l'idéal, mais cela devrait-il se faire en négociant avec les oligarques de l'ancien régime? devrait-on leur offrir l'occasion de monnayer leur liberté? Récupérer l'argent, relancer les entreprises et sauver les milliers d'emplois, ces trois actions suffiront-elles à compenser la pénitence? C'est du moins ce que pense Abdelaziz Belaïd. Le débat est ouvert

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