L'Expression

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La passion du journalisme a ses limites

En 2021 et dans une Algérie qui vit au rythme des crises, malgré la grande volonté des professionnels de l'information, il est difficile d'être journaliste.

Le journalisme est, peut-être, un métier ingrat, mais c'est un métier qui rend heureux celui qui l'exerce par amour. C'est une passion dévorante pour laquelle hommes et femmes se consument sans regret dans le seul objectif de faire éclater la vérité et la justice. Ces derniers, des «passionnés» de la profession, n'ont pas besoin d'avoir les diplômes des prestigieuses écoles pour comprendre l'éthique ou l'engagement sincère car le métier coule dans leur sang.
Cependant, en 2021 et dans une Algérie qui vit au rythme des crises, malgré la grande volonté des professionnels de l'information, il est difficile d'être journaliste. Car, autant la liberté de la presse est une chose merveilleuse, autant la liberté tout court et la dignité le sont.
Or, le journaliste algérien se bat actuellement pour préserver sa liberté et sa dignité. Malmené, insulté, accusé de tous les maux, ce dernier est le souffre-douleur de tout un chacun: des citoyens, des institutions de la République et même de la République! Tout le monde accuse le journaliste de diffamation, manipulation, déstabilisation ou même d'«agissements machiavéliques» -pour reprendre l'expression utilisée par un ministre-. Le journaliste ne sait plus comment faire son travail. Si en évoquant une simple coupure d'eau, on l'accuse d'être manipulateur, aura-t-il le courage de parler des grèves, du Hirak ou d'autres sujets politiques? Il ne faut pas avoir peur, vous diront certains car il s'agit là du combat que doit mener chacun de nous.
C'est là le charme empoisonné du journalisme, répliqueront d'autres. Mais peut-on vivre en menant un éternel combat? Dans l'Algérie de demain, ne peut-on pas envisager, des règles qui garantissent une lucide honnêteté intellectuelle pour tous: journalistes, responsables et public. Ne peut-on pas assurer au journaliste ce droit fondamental et sur la base duquel il ne peut y avoir ni vérité ni justice, à savoir donner toute information de manière authentique, sans aucune pression? Seule une liberté de presse réelle permettra le retour de la confiance du citoyen en ses gouvernants et son pays. L'Algérie nouvelle doit veiller à assurer une grande liberté aux médias tout en ayant confiance dans les journalistes professionnels qui savent pertinemment que chaque liberté a ses limites culturelles. Les médias ont leur loi de la pesanteur que le journaliste connaît bien tout autant que les règles professionnelles qui évitent les manipulations ou les tentations de se laisser aller à sa pente personnelle. 

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