TOKIA SAÏFI, DÉPUTÉE EUROPÉENNE
Diaspora avez-vous dit?
La communauté algérienne en Europe pèsera de tout son poids dans la construction d’un partenariat économique solide.
Je voudrais qu´il y ait une meilleure compréhension de ce qui se passe en Algérie. Certains pensent que c´est toujours la guerre qui sévit ici. Il faut que l´Algérie prenne toute sa place dans le processus euroméditerranéen. Tels sont, en substance, les quelques opinions émises par l´ancien membre du gouvernement Raffarin.
Pour atteindre cet objectif, Mme Tokia Saïfi estime qu´il y a beaucoup à faire sur le plan du partenariat politique pour lever les malentendus et rendre lisible la véritable situation politique et économique de l´Algérie.
C´est en somme à un toilettage de tout ce qui s´écrit et se dit sur l´Algérie, à une révision des idées reçues qu´il faut procéder pour dégager le ciel de tous les nuages d´incompréhension qui se sont amoncelés depuis plus d´une décennie. Cette opération de marketing médiatique et de lobbying en direction des décideurs européens et algériens. - Le politique et l´économique étant intimement liés -, ce marketing ne pourra avoir qu´un impact positif sur les relations économiques entre l´Algérie, et l´Europe en général, et la France en particulier. D´autant plus, estime l´eurodéputée, que l´Algérie n´est pas en situation de quémandeur de subsides financiers. Dans ce domaine, les ressources du pays sont largement suffisantes.
Reste d´un côté à lever les équivoques nées de la mise en oeuvre de l´accord d´association depuis le mois de septembre 2005, par le démantèlement des barrières tarifaires, et de l´autre, à renforcer le rôle de la diaspora algérienne en France et en Europe.
Cette dernière a compris la nécessité de ne pas se confiner aux partis de gauche en France, mais à occuper tout le spectre républicain en France et en Europe, à gauche comme au centre ou à droite. Cette vision s´est avérée payante, puisque c´est un gouvernement gaulliste qui a nommé des ministres issus de l´émigration, alors que la présence de trente ans de mittérandisme au pourvoir n´a pas osé franchir le Rubicon. «Ils n´ont pas de formation de haut niveau», avait tranché l´ancien Premier ministre Lionel Jospin.
Il reste à définir ce qu´est le partenariat. «Il implique qu´on soit à égalité pour discuter.» Non seulement l´Algérie est un pays riche, mais, en plus, elle peut s´inscrire dans une dynamique d´ensemble, comme l´Union du Maghreb arabe (UMA), tout en comptant sur la nombreuse communauté algérienne qui a réussi en Europe et qui ne demande qu´à se mettre au service de son pays d´origine. Qu´elle soit de deuxième, troisième, voire de quatrième génération, elle a gardé des liens ombilicaux avec l´Algérie, tout en étant parfaitement intégrée dans le pays d´accueil où elle est née et a évolué. S´il y a des passerelles à jeter des côtés de la Méditerranée, il ne fait aucun doute que la diaspora jouera un rôle de premier plan dans le processus.
«Le temps est venu de reconnaître qu´il existe une diaspora. Je suis en train de structurer toute cette élite qui existe et agit dans tous les domaines, et qui apportera un plus à l´économie algérienne. L´Algérie doit prêter attention à cette communauté, dont les éléments sont prêts à venir s´investir dans le pays de leurs parents.»
Il ressort des déclarations de Mme Tokia Saïfi qu´il subsiste encore des blocages bureaucratiques de la part de l´Algérie. Cela veut dire qu´il y a encore beaucoup à faire pour édifier des passerelles solides, et pour que le partenariat ne reste pas un voeu pieux.