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COOPÉRATION ÉCONOMIQUE HORS HYDROCARBURES

L’Algérie doit être concurrentielle

Cela passe par une adaptation de son arsenal juridique au standard international. Aux normes existantes.

L´ambassadeur des Etats-Unis à Alger, qui parle un arabe châtié (prononçant bien les q) et un français excellent -malgré ce qu´il en dit- estime que l´investissement américain hors hydrocarbures existe bien en Algérie. Il en veut pour preuve la présence en Algérie du grand groupe financier, la City Bank, qui s´est installée en Algérie au plus fort de la tragédie nationale (années 94-95). A cette époque, les moyens mis en oeuvre étaient limités. La banque avait son siège à l´hôtel Aurassi et n´avait que quatre employés. Aujourd´hui, cette même banque s´est redéployée dans notre pays, étoffant son personnel (près de cent employés) et ouvrant des agences à Hassi Messaoud, Alger, Oran, et postule pour la reprise du Crédit populaire d´Algérie (CPA). Et M. Robert Ford de citer d´autres entreprises américaines qui viennent travailler en Algérie, comme Général Electric qui s´est investie dans l´usine de dessalement d´eau du Hamma; après que le gouvernement américain, par le biais d´une caisse de garantie, a donné son feu vert à l´activité de cette entreprise, dont le projet va fournir de l´eau aux habitants d´Alger dès 2008.
Cela dit, l´ambassadeur pose à haute voix une question: «Est-ce que les Algériens souhaitent plus d´investissements américains?» Pour lui, la franchise recommande de dire qu´il est primordial de rendre le climat des affaires plus attractif si on veut intéresser les entreprises américaines. Ces dernières ne connaissent qu´un seul langage, celui de la rentabilité, et pour cela elles exigent une procédure transparente, un régime fiscal allégé, la convertibilité de la devise, parce que l´Algérie est, sur ce plan, en concurrence avec les autres pays du monde. Bien entendu, les Américains notent avec satisfaction que le gouvernement algérien a entamé des réformes économiques profondes qui vont dans le sens d´une meilleure gouvernance, tout comme l´administration US, souhaite que l´Algérie soit membre de l´Organisation mondiale du commerce (OMC). Ce sera un signal fort envoyé aux entreprises étrangères qui entrent en relation d´affaires avec l´Algérie. Mais là aussi, l´ambassadeur estime que l´adhésion de l´Algérie à l´OMC est une question que le gouvernement algérien doit trancher, et cela passe par une adaptation de son arsenal juridique au standard international. Aux normes existantes. Le gouvernement américain a offert une assistance technique pour la mise à niveau des textes juridiques. Un expert a séjourné pendant un an en Algérie et a travaillé en étroite collaboration avec le ministère du Commerce.
Quant au volume des échanges, ce n´est pas un secret que les Américains achètent bon an mal an pour environ 11 milliards de dollars US (en produits pétroliers). L´Algérie, pour sa part, importe pour environ 150 millions de dollars. L´écart, comme on le voit est considérable.
Néanmoins, l´ambassadeur note que le marché algérien est très ouvert, mais s´il s´agit de savoir ce que le pays pourrait vendre en dehors des hydrocarbures, il faut d´abord se demander, dit-il, si les produits sont concurrentiels, vu que c´est la seule règle qui est exigée aux Etats-Unis. «L´année dernière, dit-il, j´ai acheté une voiture et un computer, et ils ont été fabriqués au Mexique, cela veut dire qu´on peut trouver des produits entiers aux Etats-Unis.» Cela dit, il pense que le meilleur investissement pour un pays comme l´Algérie, est celui qui garantit le transfert de technologie et le know-how. Quel produit algérien peut-on trouver aux Etats-Unis? Sûrement des dattes et du vin. Mais en très petite quantité. Interrogé sur l´ouverture éventuelle d´une ligne aérienne entre l´Algérie et les Etats-Unis, M.Robert Ford confirme qu´il y a des négociations open sky. «Nous ne sommes pas encore arrivés à un accord final, j´espère qu´on y parviendra bientôt.» Surtout avec la demande des compagnies pétrolières américaines qui se déplacent vers les champs pétroliers du Sud. «Je sais qu´il y a eu, à une époque, des charters entre le Texas et le Sahara algérien, mais maintenant, avec l´ouverture de la ligne Alger-Montréal, il ne fait aucun doute que les Américains vont l´emprunter».
Sur un autre volet, il est bon de savoir qu´il y a tout un programme d´assistance technique entre le ministère des Finances américain et le ministère algérien des Finances. Tout ce qui a trait au crédit à la PME, un volet qui intéresse l´Algérie et dans lequel les Américains ont accumulé une expertise; la même chose concerne le crédit hypothécaire dans le domaine de l´immobilier. «Les secteurs de la PME et du logement sont des secteurs créateurs d´emplois, et c´est là que nous souhaitons intervenir.» Toujours dans le domaine de l´assistance technique, il y a lieu de citer, également, ce programme de formation des inspecteurs de banque, au niveau de la Banque d´Algérie. «Dans les années 80, dit très diplomatiquement l´ambassadeur, les Etats-Unis ont connu une série de crises et de scandales financiers. Donc on est sensibles à ce problème.» Un autre volet de ce programme concerne la formation des inspecteurs pour les banques commerciales. Il s´agit de former à la gestion des portefeuilles de risque. Un autre volet porte sur la franchise. «On va travailler avec le gouvernement pour changer les lois dans ce domaine en Algérie.» Il y a, également, le secteur des télécommunications qui va bénéficier du programme d´assistance technique. «Il y a 25 ans, il y avait un monopole sur les télécommunications, mais entre-temps tout cela a été libéralisé. Il y aura un échange de délégations entre les deux pays.» Dans tous les domaines, affirme l´ambassadeur, l´administration américaine est prête à apporter son aide à la compétitivité du tissu industriel en Algérie. Par ailleurs, une cellule de veille a été mise en place au niveau de l´ambassade pour la sécurité des citoyens américains travaillant en Algérie.

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