GRAHAM HAND, AMBASSADEUR DE GRANDE-BRETAGNE A ALGER
Un flegme so british
Les Britanniques avancent avec un réalisme et un pragmatisme indissociables de leur flegme.e.
La Grande-Bretagne a beau être le premier investisseur occidental en Algérie, grâce aux 5 milliards de B.P dans le gisement du pétrole saharien, on a vraiment l´impression qu´il y a un froid glacial dans les relations entre les deux pays, et cela à tous les niveaux: diplomatique, commercial, humain. Surtout humain. Les humiliations subies par les demandeurs de visa algériens à Tunis sont encore dans toutes les mémoires. Il y a encore beaucoup de choses à faire de part et d´autre de la Méditerranée et de la Manche pour que les choses retrouvent leur cours normal.
Il appartient à Monsieur l´ambassadeur de redynamiser tous les services de l´ambassade qui ont été mis en veilleuse depuis les années 90, comme l´inspecteur général du commerce, l´attaché de presse, l´attaché militaire. Mais bien entendu, il faudrait aller beaucoup plus loin, en redynamisant les services consulaires, en augmentant le nombre de visas délivrés aux Algériens, en créant un conseil d´affaires algéro-britannique, en organisant des forums et des rencontres entre les hommes d´affaires des deux pays, en créant une chambre de commerce algéro-britannique, et bien sûr en trouvant des ressources financières et humaines pour faire fonctionner le British Council au profit des abonnés absents depuis plus d´une décennie.
«Je m´occupe à expliquer la politique de votre pays au gouvernement de mon pays. Je voudrais bien créer une organisation pour soutenir les hommes d´affaires. Mais nos moyens sont limités. J´ai mis en place une inspection commerciale à l´ambassade, pour étudier les besoins et les opportunités. Les généraux se plaignent qu´il n´y ait pas un attaché militaire de haut rang. Mais on ne peut pas refaire le monde en cinq minutes. Nous avons besoin de ressources. On vient de créer le poste d´attaché de presse. On aura un attaché commercial en novembre», affirme l´ambassadeur. Le gouvernement algérien vient de faire un effort en introduisant l´enseignement de la langue de Shakespeare dès la première année de l´enseignement moyen, il appartient maintenant aux Britanniques de faire un geste similaire pour renforcer le tissu des échanges entre les deux pays. Traditionnellement, les Britanniques penchent plutôt pour les pays du Commonwealth, mais vu la place qu´occupe l´Algérie au Maghreb et en Afrique de façon générale, les services de sa Majesté feront certainement une exception pour porter le volume des échanges au niveau qui doit être le leur. Les potentialités économiques de l´Algérie et l´importance de son marché sont suffisamment attractives pour intéresser les investisseurs potentiels britanniques, surtout lorsqu´on sait que les lois qui concernent l´investissement viennent de subir un toilettage nécessaire.
Pour les Algériens aussi, les relations avec la Grande-Bretagne ne sont pas à négliger.