Du bon usage de la religion
Tout se passe chez nous comme si la participation du citoyen à la vie de la cité n´est requise que pour aller voter. En dehors des consultations électorales, tout se fait sans lui.
Le développement du pays connaît un prodigieux bond ces dernières années. De grands travaux sont lancés. Autoroutes, réseau ferroviaire, nouvelle aérogare, 1 million de logements, multitudes de trémies dans les villes, etc. Autant de chantiers dont les bénéficiaires sont, bien sûr, les citoyens. Dans le but de leur assurer une vie meilleure. Mais est-ce si sûr que ces colossaux investissements suffisent pour que le but soit atteint? Ne manque-t-il pas un segment dont personne ne parle pour notre plus grand malheur? Ne manque-t-il pas l´essentiel de tous les investissements: celui de l´homme. Le premier réflexe désignerait l´éducation nationale. Eh bien non! car là, il ne s´agit que de «science sans conscience» dont on en connaît les ravages. La conscience dont on a que trop tardé à doter l´Algérien se trouve dans sa spiritualité, dans sa culture, dans son code de conduite en communauté pour ne pas dire simplement civisme, dans sa part d´être humain pleinement responsable de ses actes.
A quoi assistons-nous aujourd´hui?
Au-delà du détachement condamnable dont fait preuve l´Algérien pour la chose commune, le bien public, dont il serait trop long d´en énumérer tous les effets ici, il est particulièrement inadmissible qu´en terre d´Islam, religion la plus exigeante au chapitre de l´hygiène, puisse sévir la saleté sans aucune réaction des dirigeants, notamment religieux. Il y a pire encore. Comment qualifier cette banalisation des vols à l´intérieur des mosquées mais aussi et surtout le silence de nos religieux sur ce sujet?
Ces deux exemples suffisent pour se faire une idée sur les vents contraires qui soufflent sur les esprits dans notre pays.
Comment un Algérien peut-il garder ses repères quand il est ballotté par de multiples contradictions?
A quoi sert le ministère des Affaires religieuses s´il s´accommode à assister en spectateur passif à l´étendue de ces actes sans foi ni loi? La question se pose également à tous ces dirigeants de partis qui se servent de la religion pour faire de la politique. Aux islamo-conservateurs du FLN, à ceux du MSP, de Nahda ou du MRN et jusqu´aux Fissistes en passe de changer de sigle.
Il est vrai que l´objectif d´aider l´Algérien à se réapproprier sa spiritualité est plus que noble mais il est temps de dépasser les contingences purement politiciennes et s´atteler à rétablir en Algérie la civilisation musulmane. On a envie de leur crier «cessez de faire de la boulitique!». Il faut voir plus grand et plus loin. La fracture qui sépare l´Algérien de ses gouvernants est, en fait, aggravée par cette autre fracture qui le maintient dans une certaine incapacité à distinguer le bien du mal. Toute chose pourtant contenue dans notre religion et qu´il suffit de rappeler.
Sans un tel travail en profondeur sur la culture et l´esprit, il est inutile de croire atteindre le progrès en réalisant seulement des autoroutes ni même en construisant tous les logements du monde.
Sauf à élargir les hécatombes et le terrorisme routier et à réduire l´habitat en Algérie en d´immenses bidonvilles en dur.
Il nous faut commencer par respecter et faire respecter nos mosquées. En bannissant le vol et la saleté. Le reste, tout le reste est envisageable par la suite.
Est-ce trop demander à tous ces politiques qui se bousculent au nom de l´Islam? Et pour qui l´Algérien ne serait qu´un électeur?