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Come-back de Akli At Weghlis
Après une longue absence, Akli reprend les chemins des studios pour chanter le mal de vivre, la faiblesse et puis l’amour...
Avoir 43 ans et repartir, une nouvelle fois, à la reconquête de sa carrière artistique, c´est un peu nourrir une seconde jeunesse à l´âge de la maturité. A entendre parler Akli At Weghlis, puisque c´est de lui qu´il s´agit, on est facilement convaincu qu´il n´est jamais trop tard pour apporter son savoir-faire et contribuer un tant soit peu au soulagement des souffrances de tout un chacun.
Après une longue absence, Akli reprend les chemins des studios pour chanter le mal de vivre, la faiblesse et puis l´amour et tant d´autres fléaux sociaux qui «ont ruiné bien des familles», dit-il en faisant allusion à l´alcool. Ce sujet domine ses textes. «Chanter l´alcool m´a valu beaucoup de reproches», avoue-t-il, mais «cela a apporté des satisfactions à ceux qui m´ont compris».
Comme tous les artistes kabyles, Akli At Weghlis, de son vrai nom Hammadou, est venu au monde de la chanson à l´âge de 19 ans. Mais c´est en 1985 qu´il commença sa vraie carrière artistique en formant avec le poète Djillali le groupe At Weghlis. Deux albums avaient vu le jour et avaient eu un bon écho auprès d´un public connaisseur. Cette alliance a fini par voler en éclats. Les deux hommes se séparent. Loin de baisser les bras, Akli repart en solo. En 1991, il produit une cassette qui lui vaudra l´estime de tous. Tarwa n´djeddi reste l´album de référence pour tous ceux qui admirent cet artiste de Basse-Kabylie.
Ce succès sera malheureusement suivi d´une période de crise qui s´est étalée sur quatre années. Il n´a eu de salut que grâce à l´un de ses amis et collègue de travail, en l´occurrence Malek, dont le soutien moral a été d´un apport considérable.
S´inspirant essentiellement de grands artistes comme Youcef Abdjaoui, Slimane Azem et Ouazib Mohamed Ameziane, l´enfant de la vallée de la Soummam prend son courage à deux mains et retrouve la voie tracée.
Quatre albums voient le jour en ce moment. Trois d´entre eux sont des reprises de ses propres grands succès, quant au quatrième, il comprend des nouveautés. «J´adapte mon répertoire en fonction des circonstances», avoue-t-il, lorsque nous l´avons interrogé sur le fait qu´il soit plus connu sur scène qu´en cassette. «Je suis victime de ma fierté», explique cet artiste lorsqu´il évoque toutes les péripéties qui ont jalonné son parcours artistique. «Je suis l´incompris de la famille et de la société», tranche-t-il sur un ton de tristesse. Chanter l´amour sans extravagance, la joie, la déception noyée dans l´alcool et surtout le brûlant sujet identitaire, Akli renvoie toutes les images de sa patrie sur un fond musical chaâbi. Ses nouvelles cassettes ne manqueront certainement pas de ravir ses adeptes, aussi bien par les textes poétiques travaillés que ses musiques aussi douces. Un produit qui préfère renoncer à l´éclat conjoncturel au seul profit de la beauté artistique permanente.