PARIS
Hamidou enchante son public
Les femmes ne contenaient plus leurs youyous, les applaudissements crépitaient comme des rafales dans la salle du Centre culturel algérien, à Paris, samedi soir, à l’arrivée sur scène du chanteur Hamidou.
Il salue avec humilité tout le monde, visiblement heureux de constater qu´il a devant lui un public déjà conquis, même après trois ans d´absence de la scène du CCA. «Je vous ai à ce point manqué?», lança-t-il malicieusement à la ronde avant d´entamer son répertoire composé de variétés algéroises, de hawzi, de chants andalous et de chansons kabyles. Avec une voix chaude et mélodieuse, dans une ambiance festive où les Algériens en exil se sont vite retrouvés dans la chanson Noudhou z´haou ya h´babi fel ghorba (amusez-vous, amis dans l´exil) et chanté à l´unisson avec l´artiste. Kahwa wel atai yal fahem, Wahchek dar fi kalbi nirane, Zarni mahboub kalbi et bien d´autres titres du patrimoine musical national furent présentés devant un public qui, dans sa majorité, a déserté son siège pour se rapprocher de la scène, subitement pris d´une irrésistible et contagieuse envie de danser.
Le spectacle, qui s´est déroulé en présence du secrétaire d´Etat chargé de la Communauté nationale à l´étranger, M.Halim Benatallah, en visite de travail en France et du directeur du CCA, l´écrivain Yasmina Khadra, s´est prolongé jusqu´à une heure tardive de la nuit de samedi, avec un artiste ayant réussi à créer un lien fusionnel entre lui et son public.
«Voilà vingt ans que je me produis au CCA. Même s´il y a eu une coupure de trois ans, le public est de plus en plus nombreux à venir, c´est réconfortant mais en même temps je regrette l´exiguïté de la salle qui ne peut contenir tous ceux qui voudraient assister aux représentations», a-t-il confié auparavant, après avoir souligné qu´il est toujours heureux de se reproduire sur la scène du CCA. Il a alors souhaité que ce dernier puisse offrir davantage d´occasions aux artistes pour se produire et permettre au public de profiter des spectacles donnés.
Il a ajouté cependant, que comme son nom l´indique, le CCA a une «vocation de rayonnement culturel» à réaliser et «non pas commerciale» et qu´il a surtout pour ambition d´encourager les jeunes talents. «Je suis toujours ravi de venir et me reproduire ici», a-t-il dit indiquant qu´il ne vit plus en France et qu´il a regagné Alger où, hélas, il est devenu «très difficile» de réaliser des projets artistiques tant le marché du disque, des spectacles et leur organisation, «vivent une véritable crise». «Les artistes sont tiraillés par le besoin d´offrir davantage au public mais ils sont souvent frustrés de ne pouvoir donner que le minimum», dira-t-il avec regrets. Hamidou, en digne enfant de la prestigieuse association El Fakhardjia et élève brillant de la classe supérieure, a su avec son talent de chanteur et de musicien s´imposer avec brio sur la scène musicale algérienne et arabe et son succès auprès du public ne s´est jamais démenti.