LA DRAMATURGE SARAH ARHAB AU TNA
La fille qui refuse de grandir
L’auteur a lu son texte La pomme d’Adam qu’elle a écrit à l’âge de dix-sept ans.
Dans sa vingt-deuxième édition, le forum hebdomadaire, Echos de plumes, du Théâtre national algérien a accueilli la jeune dramaturge, Sarah Arhab. Cette dernière a lu, à l´occasion, le texte La pomme d´Adam, qu´elle dit avoir écrit à l´âge de dix-sept ans. Justement, ce jeune âge on peut aisément le déceler à travers un certain manque de maturité dans l´écriture. Ce fait est remarquable à travers aussi bien la structure du texte, des personnages que du contexte lui-même. La pomme d´Adam, revient sur les péripéties de Dalia, une jeune fille qui endure peine et douleur dans sa quête de la justice et de l´amour dans un monde dominé par les forces du mal et de l´injustice. Sur son chemin, elle fait la rencontre d´Adam, le vendeur de pommes.
Aussi, dans ce texte, Sarah Arhab fait appel à des personnages tant physiques -Dalia, Adam, Al Hakim- qu´immatériels, à l´image de la Mémoire et du Temps. Ces personnages font bon ménage. Dans ce texte, tout est baigné dans le symbolisme. Selon la jeune dramaturge, le pommier représente l´Algérie, Adam symbolise la gent masculine, Al Hakam représente le Pouvoir et l´Autorité. Grosso modo, le texte fait allusion à la décennie de sang et de larme qu´a vécue l´Algérie.
Sarah Arhab l´a exprimé à travers une écriture qui souffre du manque de consistance et de force. A l´entendre expliquer le choix de ses héros, on déduit aisément que le texte a été construit pour servir les principaux personnages de l´histoire. Aussi, le côté infantile domine le texte. La pomme d´Adam est de ces pièces qu´on réserve exclusivement aux enfants. Cela, en dépit du refus de la dramaturge qui dit que son texte comporte une idée philosophique profonde. «Au début, lorsque j´ai lu mon texte devant un jury, j´avais alors dix-neuf ans, tout le monde s´est hâté de déduire qu´il est écrit pour les ´´gamin´´. Mais j´avais refusé fermement. Je n´avais pas accepté que ma pièce fût destinée aux enfants. D´autant plus que dans ma tête ce que j´ai écrit est destiné aux adultes, eux seuls sont capables de le comprendre et de saisir le message aussi bien dans le détail que dans sa globalité» a précisé Sarah Arhab. Celle-ci a indiqué qu´en 2000, on lui a presque arraché le texte d´entre les mains en lui promettant de le mettre en scène. «C´était mon rêve» a-t-elle révélé. Cependant, ce rêve tarde à voir le jour. En ce sens, les pessimistes affirment que les rêves, on les appelle ainsi parce qu´ils sont irréalisables, tout comme les vains espoirs. «Depuis le jour qu´on m´a fait cette promesse, je n´ai de cesse d´attendre sans pour autant que mon rêve soit réalisé». Loin d´elle l´idée du pessimisme, Sarah Arhab dit ne pas baisser les bras. A juste raison, car «ceux qui vivent sont ceux qui luttent», affirme un grand maître.