C’est l’application qui manque le plus
L´Assemblée populaire nationale a adopté, hier, le projet de loi portant approbation de l´ordonnance relative à la lutte contre la contrebande. Ce projet vise à renforcer les capacités nationales de prévention et de lutte contre la contrebande qui constitue, de par son ampleur, son étendue et ses interconnexions avec d´autres formes de criminalité organisée, une menace pour la sécurité et la stabilité du pays. Le dispositif proposé intègre, dans une démarche globale, des mesures préventives, des mesures de nature organisationnelle et des mesures à caractère répressif. Pour ce faire, il est prévu de sécuriser la bande frontalière, notamment, les zones éloignées des zones de contrôle tout en impliquant la société civile dans les activités de lutte contre ce crime. Cependant, sa réussite dépend d´une bonne coordination intersectorielle. Aussi, pour une meilleure efficacité, il est attendu la création d´un organe chargé d´exploiter et d´analyser toutes les informations relatives à ce phénomène, afin d´élaborer un plan national de prévention et de lutte. Un tel projet permettra de rendre aux faits de contrebande leur véritable qualification pénale en y intégrant les éléments constitutifs du crime organisé.
Dans cette optique, le chef de l´Etat a mis l´accent sur la nécessité de promouvoir une véritable politique de prévention qui mobilise, d´une manière coordonnée, l´ensemble des services concernés de l´Etat. De ce fait, cette politique de prévention devra être en mesure de susciter l´adhésion et la participation pleine et entière des citoyens contre ce fléau qui obère les efforts du pays en matière de développement tout en affaiblissant le tissu économique national et porte atteinte à la sécurité nationale. L´Algérie a réalisé un saut qualitatif en matière de développement de la législation nationale, ce qui lui permet d´être au diapason des législations étrangères. En théorie bien sûr. C´est bien beau d´élaborer tout un arsenal juridique à même de combattre ce fléau mais faut-il encore y mettre les moyens nécessaires. En effet, le plus souvent c´est l´application qui fait défaut. Elaborer des lois sans pour autant adopter les textes d´application reviendrait à vouloir cacher le soleil avec un tamis. Des lois sans instruments ni moralisation de la société ne peuvent que garnir les bibliothèques.
Aussi, il est nécessaire de traiter l´ensemble des questions et de ne pas sombrer dans la politique de l´autruche.