Des conventions, et après?!
Le réveil de l´Occident aura été, à tout le moins, brutal face à la dimension tentaculaire qu´avait prise le terrorisme international. C´est le moins que l´on puisse dire! Mais rien, en vérité, ne justifiait la tranquille assurance dans laquelle l´Occident s´est longtemps complu. Par opportunisme, il ignora, ou feignit d´ignorer, la nuisance du terrorisme, lorsqu´il ne partait pas à son secours, comme cela avait été le cas en Algérie, quand on tenta de semer la confusion sur les auteurs des crimes abominables commis à l´encontre des citoyens.
Pourtant, le terrorisme ne date ni d´hier ni d´aujourd´hui, et n´était pas le propre de certaines régions ou pays, faisant ainsi l´objet de maintes résolutions et conventions internationales de la part du Conseil de sécurité des Nations unies. C´est dans un esprit de lutte universelle contre le terrorisme que l´ONU avait adopté, ces dernières années, une série de conventions demeurées, cependant, lettre morte. Premier intéressé de la mise en application de ces conventions onusiennes, l´Occident ne leur accorda jamais l´importance qu´il convenait. Jusqu´aux attentats antiaméricains où il redécouvre les bienfaits de la consultation et de l´entraide pour venir à bout de ce phénomène. La mise en oeuvre des conventions de l´ONU (exactement 12, dont la dernière a été votée au lendemain du carnage américain), dont la pertinence n´est pas à souligner, aurait à tout le moins permis de couper les bases arrière du terrorisme (dont les sièges notoires sont établis dans maintes capitales européennes) et de restreindre son financement. Il est superflu de relever que les capacités de nuisance du terrorisme découlaient de sa puissance financière. Une puissance qu´incarne parfaitement une organisation comme Al-Qaîda qui brasse des milliards de dollars, gracieusement hébergés par les banques de l´Oncle Sam, de Tony, de Jacques, de Gerhard et les autres...
En 1999 déjà, l´ONU avait posé le problème du financement du terrorisme international, conclu par l´adoption d´une convention (la onzième) affinant celles déjà existantes. Mais cette convention de 1999 n´aura pas plus de succès que les précédentes. Elle appelait, entre autres, à la levée du secret bancaire qui «ne pouvait être invoqué pour refuser de répondre à une demande d´entraide judiciaire». De fait, la résolution votée par le Conseil de sécurité, au lendemain de la tragédie américaine, est revenue sur ce point de financement du terrorisme international. En son temps, l´ONU avait donc apporté des réponses à cette question même si l´on peut regretter, après coup, le fait qu´elle ne prenne pas en charge l´ensemble de la problématique attachée à ce phénomène.