Du parti unique...à l’unique parti
C´est le branle-bas de combat au sein de l´ex-parti unique où les membres de la «famille» longtemps «disséminés» se retrouvent au chevet du vieux parti. Les négociations entamées, en vue d´aboutir à une «réunification» des courants opposés, semblent être sur la bonne voie. Même si tourner casaque paraîtrait pour certains membres de l´ancienne direction du parti, comme une trahison à l´égard de l´ex-secrétaire général déchu, il n´en reste pas moins que les intérêts du parti et surtout de ses élus, priment sur toute autre considération.
C´est, encore une fois, le spectre de l´immortel article 120 qui ressurgit dans les esprits. En effet, les députés du FLN ne voulant pas retourner devant les électeurs, dans le souci de conserver les avantages que leur confère leur poste, n´ont d´autre choix que de faire allégeance à la nouvelle direction du parti, qui sera issue du prochain congrès. Pour les apparatchiks, «chassés» de la scène, par le «chahut de gamins» d´Octobre 1988, le temps est enfin venu de prendre la revanche tant attendue. Le parti doit «cicatriser ses plaies» et «se retrouver», estiment ces gardiens du temple, qui reprochent à Benflis d´avoir disqualifié le FLN en annonçant, lors du 8e congrès, l´autonomie du parti vis-à-vis du pouvoir en place. Benflis et ses partisans qui, pourtant, n´ont pas hésité à monopoliser l´appareil du parti dans la perspective de la dernière élection présidentielle. Pour les redresseurs du FLN, il est inadmissible qu´un parti qui incarne, à la fois, le système politique, et le symbole de la lutte de libération, puisse un jour se retrouver sur les bancs de l´opposition. De l´ex-parti unique à l´unique parti, le FLN a ainsi gardé les même hommes, les mêmes traditions et les mêmes objectifs. Mû par son rôle historique de fédérateur des tendances politiques, diamétralement opposées, le FLN se pose, désormais, comme l´unique alternative, notamment, après la débâcle de l´opposition, le 8 avril dernier. Une situation paradoxale qui fait craindre le pire, pour peu qu´une opposition véritable, vienne se dresser en rempart contre toute velléité de remise en cause du pluralisme politique arraché au prix de lourds sacrifices. Le refus d´accorder l´agrément à des formations politiques ayant pourtant répondu à toutes les conditions légales requises, n´est-il pas motivé par la volonté de retour en arrière? Tout porte à le croire, d´autant plus que la création d´une opposition alibi, constitue un indice majeur de cette orientation.