L’Alliance et sa petite guéguerre
L´Alliance présidentielle -coalition entre les trois partis (FLN, RND, MSP) qui se réclament de la majorité présidentielle- n´a pas résisté au temps et à la réalité du terrain, devenant inconsistante, voire se décomposant, un peu plus chaque jour. Et l´initiative d´amendement de la Constitution, devenue le dada du FLN, n´a pas été faite pour améliorer des relations au plus bas qui se sont rétrécies comme peau de chagrin.
En fait, dans un champ politique national, déserté par ses acteurs, les hommes politiques, l´Alliance présidentielle n´a fait que donner le change, tout au long des cinq dernières années, alors même que les choses n´étaient pas aussi idylliques que ses responsables veulent bien nous le faire croire.
En façade, MM.Belkhadem, Ouyahia et Soltani, montrent -et essaient de persuader- que les relations entre les trois hommes sont au top, que cela baignait, que leur préoccupation première et ultime reste, n´est-ce pas, la mise en application du programme présidentiel. Cela pour le côté public. Mais il y a le revers de la médaille. Dans les coulisses, c´est bien un autre discours qui est tenu et les trois hommes -dont les partis sont censés être les piliers de la mise en oeuvre de la politique du président Bouteflika- s´en donnent à coeur joie en critiquant leurs partenaires politiques, n´hésitant pas à mettre des peaux de bananes sur leurs pas.
A part cela, tout va bien, affirment-ils en choeur. De quoi rassurer, certes. Mais les faits sont têtus et la petite guéguerre qui opposa MM.Belkhadem et Soltani à M.Ouyahia, avant la démission de ce dernier de la chefferie du gouvernement d´une part, M.Soltani qui conteste la promotion de M.Belkhadem d´autre part, montrent bien le climat -à tout le moins pourri- qui est celui d´une Alliance abonnée à la redondance. En fait, l´incohérence du discours politique des principaux responsables de l´Alliance fait douter quant à leur aptitude à mettre en chantier le vaste programme du président Bouteflika visant à la réforme de l´Etat et à leur engagement vis-à-vis de l´Etat.
Les Algériens ne sont pas dupes de ces piques que se lancent des hommes politiques présumés avoir la stature d´hommes d´Etat, quand ils ne sont mus que par la seule conquête et conservation du pouvoir. Devant les impérities de ses principaux responsables, on en arrive à se demander quel jeu joue l´Alliance et si, dans sa version actuelle, elle n´est pas surtout un handicap pour le président de la République?