L'Expression

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Le bourbier

Pour rassurant qu´il se soit voulu, le dernier Conseil des ministres a trahi l´inquiétude qui tend à gagner les pouvoirs publics à mesure que s´installe la saison froide. Tout porte à croire, en effet, que le Président Bouteflika est en passe de perdre un autre pari consistant en l´éradication des camps de toile avant l´hiver. «Vous ne passerez pas l´hiver sous les tentes», s´était écrié le chef de l´Etat, engageant une véritable course contre la montre pour mettre en place le nombre de cabines sahariennes nécessaires une fois épuisés les logements sociaux réquisitionnés pour le relogement des sinistrés d´Alger et de Boumerdès. Alors que les caisses de l´Etat n´ont jamais été aussi pleines, ce n´est que maintenant que le pouvoir s´avise qu´il était plus judicieux, dès les mois de mai et de juin, de dédommager en monnaie sonnante et trébuchante les sinistrés au lieu de s´évertuer à accomplir une tâche que tous les observateurs savaient d´avance irréalisable. Sur fond de précampagne électorale acharnée et incertaine, le Président tente de sauver les meubles alors que le «bourbier» de Boumerdès n´a jamais été aussi menaçant. Ce n´est, au reste, pas un hasard si Ouyahia s´est déplacé en extrême urgence dans les camps de toile le jour où les premières pluies avaient fait leur apparition.
Depuis, les sinistrés n´ont cessé de multiplier leurs protestations et appels au secours, bloquant des routes par-ci, squattant des logements vides par-là et menaçant de recourir au sempiternel vote-sanction en désespoir de cause.
La centaine de millions de centimes que vient de promettre le Conseil des ministres ne règle pas la question, mais trahit au contraire son caractère insoluble à quelques mois à peine d´une présidentielle incertaine et riche en rebondissements. Certes, cette somme - matelas capable de «tenir au chaud» son bonhomme pendant quelque temps - est loin d´atteindre le prix d´un appartement, aussi petit et minable soit-il. Des solutions existent pourtant. Puisqu´il est question de jeter de l´argent par les fenêtres, pourquoi ne pas mettre à la disposition des sinistrés les fameux logements des Eplf, de la Cnep et de l´Opgi, excessivement chers et ne trouvant toujours pas preneurs. Ce n´est là qu´une solution parmi d´autres. Ce ne sont ni les ressources ni les idées qui manquent pour peu que les décideurs aient le courage et la volonté politique de prendre réellement le taureau par les cornes ; ce qui semble loin d´être le cas dans l´état actuel des choses.
Les citoyens en ont marre. Selon toute vraisemblance, les émeutes de jeudi soir, violentes s´il en est, seront suivies par d´autres dès que les pluies referont leur apparition. La protesta s´organise sur les décombres. Le pouvoir a encore une chance de sauver les meubles, à condition de trouver très vite des demeures pour les mettre dedans...

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