L'Expression

{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

L’équation Arafat

Dans le plan qui, selon lui, doit restaurer la paix au Proche-Orient, le président américain, George W.Bush, semble avoir fait du président palestinien Yasser Arafat le point de focalisation de tout ce qui, ces dernières années, aurait fait obstacle aux tentatives de trouver une solution à la problématique palestinienne.
Le discours prononcé lundi par le chef de l´administration américaine, centré sur la situation au Proche-Orient, n´a pas été celui espéré, devant contribuer à cette ouverture attendue par tous, et propre à être le déclic favorable à une meilleure prise en compte des intérêts des parties en conflit. Il n´en a rien été, le président Bush se contentant d´officialiser ce qui était déjà dans l´air, a savoir la proposition faite aux Palestiniens d´ériger un «Etat provisoire» contre le départ du président Arafat. De fait, George W.Bush a joué cartes sur table en faisant clairement sien le leitmotiv de Sharon, à savoir le retrait de Yasser Arafat de la présidence de l´Autorité palestinienne.
En outre, Bush conditionne la naissance de la Palestine à l´effacement de Arafat lorsqu´il déclare: «La paix exige une direction palestinienne nouvelle et différente, afin que puisse naître un Etat palestinien» appelant le peuple palestinien «à élire de nouveaux dirigeants». Ainsi, M.Bush semble passer outre au choix du peuple palestinien dans la personne du militant de la première heure Abou Amar et aussi à celui du principe sacré du choix du peuple. En contestant aux Palestiniens ce choix, le président américain use d´une sorte de droit régalien que lui permet, sans doute, la position qui est celle de première puissance mondiale des Etats-Unis, exigeant ainsi d´un peuple qu´il se choisisse un autre dirigeant.
Cela ne peut être la solution attendue dans un contentieux pendant depuis plus d´un demi-siècle justement parce que les droits du peuple palestinien ont été de tout temps piétinés par Israël, qui refuse la cohabitation avec l´Etat de Palestine. En faisant de Yasser Arafat un présumé obstacle à la paix, M.Bush ne fait qu´épouser l´irrédentisme israélien principale cause de cette longue durée dans le temps du dossier proche-oriental. Il est vrai que dans une démocratie les citoyens élisent leurs dirigeants, mais ne faut-il pas aussi concéder le fait que dans les territoires palestiniens occupés par l´armée israélienne la situation est autre, et ne peut d´aucune manière être celle existant aux Etats-Unis ou ailleurs dans les démocraties.
La Palestine a encore à franchir l´obstacle de l´existence effective pour qu´elle puisse concrétiser ce droit et ce devoir de désigner ses responsables politiques. L´existence d´un Etat palestinien n´est plus contestée, y compris par Bush, mais faut-il pour autant la lier aux contingences induites par l´évolution de la géostratégie mondiale, marquée par la lutte contre le terrorisme international, avec lequel les Palestiniens n´ont aucun lien, quand les Palestiniens réclament seulement le droit de vivre en paix dans leur Etat? N´est-ce pas faire là un dangereux raccourci que d´assimiler le chef de la résistance palestinienne à une sorte de chef «terroriste»? Dès lors, l´éviction du président palestinien est-elle devenue une équation à plusieurs inconnues, lorsque l´on propose au peuple palestinien le choix entre Arafat et l´Etat palestinien. Une sorte de suicide collectif, lorsqu´il leur est demandé de tuer le symbole pour avoir le droit à la vie. Un jeu dangereux peu propice à ouvrir les voies de la paix.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours