Les «mouvements partiels» et l’éternité
La stabilité des institutions est d´une importance incontestable dans le vaste chantier en cours dans notre pays. C´est ce que semble vouloir imprimer dans les esprits le chef de l´Etat. Depuis 1999, il n´y a pas eu à proprement parler de mouvements. Et ceci dans tous les secteurs. C´est par petites touches que le président de la République opère des changements à tous les niveaux de la hiérarchie.
Pour ne pas bouleverser l´habitude qu´il veut conforter, il va même jusqu´à laisser des responsables à la tête de secteurs, malgré leur immobilisme patent ou, pire encore, leur bilan négatif prouvé. Une pédagogie qui peut se justifier par une haute idée de l´intérêt national comme, par exemple, celui de maintenir les équilibres, mais une pédagogie qui a aussi un coût. La préférence à accorder à l´une ou l´autre des données mises en balance change selon la projection: court, moyen ou long terme.
Dans le «mouvement partiel» de walis annoncé hier par la présidence de la République, il n´y a pas de quoi fouetter un chat ni de quoi réellement justifier les «préoccupations majeures du développement» et «la conduite avisée des affaires publiques» puisqu´il s´agit plus de permutations que de véritables changements. Un wali en poste dans une région ne peut pas devenir plus «avisé» par la grâce d´une simple mutation.
Les deux seules nominations d´anciens secrétaires généraux de wilaya dans un corps qui en compte 48 ne pourront tout de même pas, à elles seules, changer le cours des événements. Par contre, l´éviction du wali de Béchar, elle, est, plus singulière. Sans motif. Sans ménagement. Il n´est pas, comme on disait alors, «appelé à d´autres fonctions ou admis à la retraite». Non, il est mis fin à ses fonctions, sans plus. Ce qui suggère forcément une sanction.
Il n´en reste pas moins qu´il est plus intéressant de voir dans ces petites «retouches» dans le corps des walis le début d´une reprise en main des activités dont le président de la République avait dû quelque peu se délester, pour cause de maladie. Si cela était le cas, la décision d´hier est nettement insuffisante. Bien d´autres secteurs et niveaux de responsabilité ne brillent pas par leur «conduite avisée» et forment donc des «préoccupations majeures du développement». Il n´est point besoin de les citer tant leurs résultats sont criants. Le premier magistrat du pays plus que tout autre citoyen les connaît. C´est pourquoi ce «mouvement partiel de walis» annonce de toute évidence, d´autres décisions, autrement plus importantes, pour les prochains jours. Pour le long terme, cette fois. On serait tenté de dire pour l´éternité.