L'Expression

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L’obstacle

L´un des effets de la loi du 23 février 2005 a été de revenir sur l´un des acquis de plus de deux siècles d´enseignement de l´histoire en France. Ce fut en 1796 en effet, qu´un ministre français de l´Education de l´époque aurait mis en place une commission chargée d´élaborer les manuels d´histoire, dont la confection était confiée aux éditeurs privés. C´en était fini de la conception d´une histoire officielle telle que tracée par une loi votée par le Parlement français en 1792. Après le tollé soulevé tant en Algérie qu´en France par une disposition de la loi du 23 février 2005, recommandant que les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, le ministre français de l´Education, Gilles de Robien, a tenu à clarifier la situation, en précisant que cette loi n´implique aucune modification des programmes scolaires. C´est une première victoire pour les vingt mille enseignants qui avaient organisé une rencontre à Blois, il y a quelques jours, pour dénoncer cette loi scélérate comme c´en est une pour Claude Liauzu, professeur émérite à l´université de Paris VII, à l´origine d´une pétition protestant contre l´instauration d´une histoire officielle, tout comme c´en est une pour Dominique Camelli, professeur d´histoire chargé de la réflexion autour de cette matière au Syndicat des enseignants du second degré (Snes). Ou bien pour Benoît Falaize, chercheur en histoire à l´institut national de recherche pédagogique, et toutes les associations qui se sont élevées contre cette loi. C´est une première victoire, mais nettement insuffisante, car tant que cette loi n´est pas abrogée par une loi similaire du Parlement français, elle sera là comme une épée de Damoclès, sans compter qu´elle est un obstacle à la signature d´un traité d´amitié entre l´Algérie et la France. Pour les Algériens, non seulement cette abrogation doit être obtenue, mais en plus la France doit se regarder dans le miroir pour mieux appréhender son passé colonial. Il ne fait aucun doute que les deux peuples algérien et français ont encore un long chemin à parcourir ensemble, dans le sens de la coopération multiforme, du fait du voisinage, de l´histoire, des rapports humains, des échanges commerciaux, mais justement il serait bon que ce chemin ne soit pas truffé de malentendus et de rancoeurs liées à un passé commun. La colonisation est ce qu´elle est. Elle a fait du tort aux Algériens, qui sont prêts avec le peuple français à tourner la page, tout en restant fidèles à un devoir de mémoire, et sans renier les sacrifices faits par les aînés.

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