L'Expression

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Pluies d’automne

L´automne sera pluvieux certes, mais la pluie glaciale est en fait d´abord ressentie dans le coeur de ces milliers d´Algériennes et d´Algériens qui ne savent plus à quelle porte frapper et à quel saint se vouer. En effet, au moment où nos gouvernants s´étripent au grand jour, toute honte bue, et toute raison garder mise aux oubliettes, le «petit» peuple, -comme l´on a, par trop pris, par arrogance, coutume de qualifier les Algériens-, a peine à contenir sa colère face à la mal vie et au dédain de ceux qui sont censés lui venir en aide. Alors que les premières averses tombent drues, les sinistrés du séisme de Boumerdès attendent toujours d´être, outre décemment relogés, correctement pris en charge, non pas en paroles, mais par les actes. Et ce sont les actes qui ont le plus fait défaut ces derniers mois, les édiles sans doute trop occupés à se repositionner dans le nouveau paysage politique qui se met en place. Mais aujourd´hui en vérité, ce qui fait problème, et est en même temps curieux, est le fait que des sinistrés qui souffrent depuis des mois sous les tentes dans les camps de toile, passeront aujourd´hui devant la justice, pour répondre de l´outrecuidance à rappeler à l´Etat ses promesses. Ainsi, après avoir été bastonnés, les survivants du séisme du 21 mai sont sommés de s´expliquer devant le juge pour avoir manifesté leur ras-le-bol. Une manifestation tout ce qu´il y avait de naturelle car fondement même de l´humain. Or, même cette soupape de sûreté qui donne aux citoyens l´occasion d´extérioriser leur trop-plein d´amertume leur est aujourd´hui interdite et refusée. Il y a ainsi comme un inversement des rôles lorsque ce sont les pouvoirs publics qui, par leur myopie et leur peu de discernement, jouent aux pyromanes en fermant aux citoyens toutes les issues. A force de vouloir faire régner l´ordre par la trique, l´Etat finit par perdre de vue que, certes, gardien de la sécurité et de l´ordre public, il n´en est pas moins, également, tenu à respecter lui-même les lois qu´il édicte et les programmes qu´il organise. Les sinistrés de Boumerdès déférés aujourd´hui devant la justice ne demandaient en réalité que ce qui est de leur droit : que le pouvoir mette un terme à leur calvaire dans les camps de toile en les relogeant décemment. Or, en faisant juger des citoyens en situation infra-humaine, -agressés hier par la chaleur et la poussière, aujourd´hui par le froid, la boue et la pluie, qui forment un bouillon de culture propice à toutes les maladies-, les pouvoirs publics donnent ainsi l´impression, outre de mépriser ces pauvres gens, de pousser à l´émeute, voire à des extrémités plus graves. L´Algérie n´est-elle pas confrontée à suffisamment de malheurs pour que les pouvoirs publics aient à susciter eux-mêmes cette poudrière à retardement. Or, plus que jamais, face aux distorsions que connaît le pays, les gouvernants devraient savoir raison garder, en replaçant les choses dans leur contexte véritable. Ou faut-il croire qu´aucun enseignement n´a été tiré des dérapages en Kabylie, pour mettre ainsi à l´épreuve Boumerdès?

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