Que de doutes...
A moins d´une semaine du Ramadhan, le doute envahit déjà l´esprit des Algériens. Outre la polémique autour de l´avènement du premier jour du mois sacré -puisque les scientifiques et les religieux y vont chacun de ses analyses- la préoccupation majeure des citoyens demeure le pouvoir d´achat et le comportement de certains commerçants véreux qui y trouvent, en effet, l´occasion inespérée pour s´enrichir. Le doute s´installe, au fur et à mesure qu´approche le premier jour de ce mois, que le département de M.Barkat n´hésiterait pas à placer sous le sceau de l´ «abondance», au moment où la pomme de terre, l´oignon et la courgette se font pousser des ailes. Par ailleurs, en dépit des mesures «spéciales» annoncées par le ministre du Commerce pour lutter contre les pratiques déloyales et anarchiques, la réalité du terrain restera le seul paramètre pour juger des intentions du gouvernement. D´autant plus que l´expérience nous a appris que ce mois, censé être celui de la miséricorde et de la solidarité, est mis à profit par les barons de l´illicite pour inonder le marché de produits juste bons pour l´incinérateur. Le consommateur est ainsi pris au piège des prix «choc» proposés par des vendeurs à la sauvette, qui viennent empiéter sur les plates-bandes de vrais commerçants qui paient rubis sur l´ongle leurs impôts et possèdent des registres du commerce. Les contrôleurs chargés de la répression des fraudes vont-ils sévir? Et dans ce cas, auront-ils toutes les garanties pour mener à bien leur mission, à savoir la sécurité et les moyens matériels pour sillonner les quelques centaines de marchés? Aussi, l´organisation des citoyens en associations de consommateurs viendrait en appoint au travail de ces contrôleurs, qui seraient ainsi alertés du moindre dépassement. Car, en l´absence de civisme et de l´esprit citoyen, ce sont des centaines de milliers de familles qui seront saignées à blanc. Et ce n´est pas, en tout cas, la décision du ministère des Participations et de la promotion des investissements qui vient d´instruire les SGP de payer quelque 30.000 arriérés de salaires, qui pourrait changer la donne. Ces salaires permettront à peine à ces familles de passer le mois de Ramadhan dans la dignité, qui leur ferait oublier onze mois de privations. Surtout qu´elles se sont même endettées au point de ne pas pouvoir boucler le mois. Enfin, l´inconnue demeure, bien entendu, la sécurité des citoyens, dont la plupart se demandent s´ils pourront déambuler dans le centre-ville avec leurs familles, et en toute quiétude.