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Quels lendemains pour Ghaza évacuée?

Les Palestiniens de la bande de Ghaza sont soulagés après le départ des derniers colons juifs et la fermeture, lundi, de la dernière colonie israélienne dans ce territoire palestinien. Cette évacuation mettait ainsi un terme à près de quarante ans d´occupation. Une excellente chose en soi, mais qui peut se transformer, si l´on n´y prend garde, en cauchemar pour les Palestiniens. Ces derniers n´ont d´ailleurs pas manqué de dire leurs inquiétudes. En effet, de quoi sera fait l´avenir de ce territoire dont l´évacuation par les colons juifs l´a été sur une décision unilatérale du Premier ministre israélien, il faut le souligner, décision n´entrant pas en compte du plan de paix international dit de la «Feuille de route». C´est là en fait que le bât blesse, car le questionnement demeure: l´évacuation de la bande de Ghaza est-elle le début du retour à l´application des plans de paix et des résolutions de l´ONU sur le dossier palestinien, ou a contrario, un moyen pour Israël de se délester d´un territoire devenu ingérable et d´un apport politique, économique, voire sécuritaire, peu en rapport avec le maintien d´une force armée perpétuellement sur le qui-vive et harcelée par la résistance palestinienne? De fait, on peut tout reprocher à Ariel Sharon, mais il ne pourra jamais être accusé de gestes de magnanimité, aussi sa décision de se désengager de la bande de Ghaza est très intéressée au moment où Israël se trouvait isolé au plan international sur le dossier palestinien, notamment après la construction du «mur» de l´apartheid en Cisjordanie. «Mur» dénoncé par la communauté internationale, les Nations unies, de même que par un arrêté de la Cour internationale de justice de La Haye (CIJ) qui eut à statuer sur ce cas. Aussi, Israël avait-il besoin de sortir de ce cercle vicieux qui mettait l´Etat hébreu sur la défensive. De fait, l´évacuation de Ghaza est en passe de devenir un coup de maître pour Sharon encensé de toutes parts dans le monde pour un geste que la résolution 242 du Conseil de sécurité de l´ONU enjoignait à Israël de faire depuis 1967. Voilà donc le boucher de Sabra et Chatila devenu l´homme de paix de Ghaza. Mais quelle paix offre Sharon aux Palestiniens de ce territoire sinon de transformer la bande de Ghaza en immense prison qui arrange, outre mesure, les affaires d´Israël sans qu´il cède sur le fond, à savoir la libération des territoires palestiniens. Israël fait ainsi coup double: se débarrasser sans coup férir de la bande de Ghaza, devenue un fardeau pour l´Etat, passer aux yeux de la communauté internationale pour un pays respectueux du droit international qu´il ne cesse de piétiner lorsque cela l´arrange. Ainsi, au moment où les colons quittaient Ghaza, Ariel Sharon, cynique, affirmait: «La colonisation a été un programme sérieux qui va se poursuivre et se développer (en Cisjordanie).» Aussi, il y a à craindre que l´évacuation de la bande de Ghaza ne soit un piège pour les Palestiniens. De fait, ceux-ci n´en contrôlent aucune des frontières (terrestres, aériennes et portuaires) toujours aux mains des forces armées israéliennes. Les Palestiniens sont ainsi enclavés dans un territoire qui a de fortes chances de devenir pour eux un ghetto. Ceci n´a pas manqué de nourrir les appréhensions des dirigeants palestiniens qui s´en sont ouverts à leurs interlocuteurs étrangers et en appellent à la communauté internationale. En effet, l´urgence, aujourd´hui, est bien de savoir quels lendemains réserve Israël aux Palestiniens de Ghaza.

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