«Qatargate»
Netanyahu face à l’affaire de financement occulte

L’entité sioniste est secouée par des accusations impliquant des proches du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, dans une affaire de financement en provenance du Qatar, pays hôte de dirigeants du Hamas et médiateur entre Israël et le mouvement islamiste palestinien. Surnommée «Qatargate» par les médias israéliens, l’affaire repose sur des soupçons selon lesquels plusieurs proches de Netanyahu auraient été recrutés pour promouvoir les intérêts du Qatar en Israël. Alors que l’entité sioniste mène depuis 17 mois une guerre génocidaire contre Ghaza, deux conseillers de Netanyahu sont soupçonnés d’avoir reçu des fonds du gouvernement qatari.
L’émirat est le principal médiateur dans les pourparlers indirects entre Israël et le mouvement de résistance palestinien. Depuis le 7 octobre 2023, c’est par son entremise qu’ont été conclues la première trêve, intervenue fin novembre 2023, et la dernière, ayant tenu du 19 janvier au 17 mars.
Un tribunal a prolongé mardi la garde à vue des deux suspects et Netanyahu a été entendu lundi soir par la police sur cette affaire. L’enquête est toujours en cours. Le tribunal a affirmé que les soupçons portaient sur des fonds destinés à «améliorer l’image du Qatar» auprès de l’opinion publique sioniste, notamment en ce qui concerne son rôle de médiateur pour la libération des prisonniers sionistes à Ghaza en échange de celle de détenus palestiniens. «Il n’y a aucune affaire, absolument rien, juste une chasse aux sorcières, rien d’autre», a clamé Netanyahu dans une vidéo sur Telegram.
«Ce n’est pas la première fois que nous faisons l’objet d’une campagne de dénigrement de la part de ceux qui ne veulent pas voir la fin de ce conflit ou la remise des otages restants à leurs familles», a réagi un responsable du gouvernement qatari interrogé par l’AFP, ajoutant que son pays «poursuivrait ses efforts de médiation» pour mettre fin à la guerre. Parmi les suspects, Urich est considéré comme l’un des hommes les plus proches de Netanyahu. Ancien porte-parole de son parti, le Likoud, il dirige une agence de conseil, Perception, dont des médias israéliens affirment qu’elle aurait été engagée par le Qatar pour polir son image avant la Coupe du monde de football en 2022. Feldstein est déjà sous le coup d’une enquête, révélée fin 2024, suspecté d’avoir fait fuiter des documents militaires confidentiels à des journalistes quand il était l’un des porte-paroles de Netanyahu chargé des affaires militaires.
Le tribunal a déclaré mardi que l’un des deux suspects, alors en poste au bureau de Netanyahu, avait reçu de l’argent de Jay Footlik, un lobbyiste américain pour le compte du Qatar ayant pignon sur rue à Washington. Pour Jonathan Rynhold, directeur du département des Études politiques à l’université Bar-Ilan, cette affaire «regroupe dans un même sac tout ce qui sent le souffre autour de Netanyahu». Netanyahu a décidé le 21 mars de limoger Ronen Bar, le chef du Shin Bet. L’opposition accuse Netanyahu d’avoir agi ainsi pour stopper l’enquête du Shin Bet sur le «Qatargate». Saisie de recours, la Cour suprême a suspendu le limogeage de Bar jusqu’au 8 avril.