Montée en puissance de l’extrême droite française
Un «poison» en métastase
La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national a été prise en flagrant délit, la main dans le sac, pour détournement de fonds publics par le Parlement européen.

Les revers subits par l’extrême droite française, ces derniers mois, ont permis de montrer à l’opinion publique française et internationale la dangerosité de ce courant politique aux manières et relents nazis. La violence dans le discours et dans les actes est instituée comme le principal modus operandi de ses leaders pour défendre leur sinistre idéologie, basée sur la haine et le rejet. La manière avec laquelle cette mouvance extrémiste « inconsciente et irresponsable » gère ses échecs peut, inévitablement, plonger la France dans l’irréparable. La montée en puissance de l’extrême droite française a contribué de manière significative à la dégradation de la scène politique et médiatique française. L’actualité de ces dernières semaines conforte l’image d’une extrême droite française toxique, parasitaire, et profondément nuisible pour l’État français et ses institutions les plus souveraines. C’est un véritable poison qui se métastase.
La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national a été prise en flagrant délit, la main dans le sac, pour détournement de fonds publics par le Parlement européen. Elle a été jugée coupable avec vingt-cinq autres cadres de son parti, d’avoir dérobé une somme de plus de quatre millions d’euros pour les activités de son parti. Le tribunal correctionnel de Paris a également prononcé une peine d’inéligibilité de cinq ans pour la présidente du Parti, Marine Le Pen, compromettant, ainsi sa candidature pour la prochaine élection présidentielle, prévue en 2027. Alors que tous les sondages d’opinion montrent que les Français sont, en grande majorité, favorables à l’exécution pleine et entière de cette peine, le Rassemblement national s’attaque de manière très virulente à l’institution judiciaire. Levée de boucliers contre la justice ; les cadres du parti, ainsi que leurs relais médiatiques ont fait le procès de la juge qui a prononcé le verdict. Les coordonnées ainsi que les photos de la magistrate ont été « fichées » par les militants du parti, la livrant à la vindicte populaire et mettant sa vie en danger. Cinq militants du parti de Marine Le Pen ont été interpellés suite à cela.
Le ciblage de personnes, notamment des personnalités politique et médiatique, est une pratique bien courante dans le parti des extrémistes. À défaut d’arguments ou d’idées à faire valoir contre leurs adversaires politiques, les militants et cadres de ce parti recourent au ciblage et au lynchage public et médiatique de personnes qui n’épousent pas leurs thèses. Des pratiques qui rappellent de funestes souvenirs d’un passé qu’on croyait révolu, mais qui a finalement été remis au goût du jour par la fille du tortionnaire et criminel de guerre, Jean-Marie Le Pen. Beaucoup de personnalités françaises ont fait les frais de ces pratiques de délinquance politique. C’est le cas du grand journaliste français Jean-Michel Apathie et, cette semaine encore, du sénateur français d’origine algérienne, Rachid Temal. Ce dernier est destinataire d’un courrier particulièrement raciste et menaçant, qu’il a partagé sur les réseaux sociaux. Les auteurs de ce courrier, qui ne sont pas à chercher ailleurs que dans l’entourage immédiat de l’extrême droite s’en prennent au sénateur avec des propos profondément racistes et menaçants. « Ne t’avise plus de manquer de respect à notre ministre de l’Intérieur Retailleau. En cas de récidive, étant donné que tu es algérien, tu recevras une OQTF puis placé en CRA en vue de ton expulsion définitive, manu militari s’il le faut, vers ton pays d’origine l’Algérie », écrivent les anonymes rédacteurs de ce courrier, qui rappellent au sénateur que son nom « ne figure pas dans le calendrier grégorien », tout en l’invitant a retourner dans son « bled », avec sa « smala » et y vivre dans son « gourbi ». Une terminologie bien connue du polémiste Éric Zemmour et de sa bande. Rachid Temal déclare plaindre les auteurs de ce courrier de « vivre avec tant de haine, d’aigreur et de délire », sur sa page X.
Par ailleurs, et concernant le dossier de la crise entre l’Algérie et la France, le courant extrémiste s’est montré, comme de coutume, extrêmement hostile et violent. La mouvance extrémiste, nostalgique de l’Algérie française, habituellement connue pour son racisme et sa haine envers les Algériens, est montée au créneau encore une fois pour intoxiquer l’opinion publique française à travers une série
de mensonges et d’allégations pour s’attaquer et dénigrer l’Algérie. Des parlementaires ont saisi cette occasion, offerte sur un plateau en or par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, pour « dégueuler » leur haine envers l’Algérie et les Algériens. Les responsables du Rassemblement national très peu soucieux des intérêts de leur pays et du peuple français, appellent, d’une seule voix, à assouvir leur fantasme extrême : celui de couper tous les liens avec l’Algérie.