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SON ÉTAT DE SANTÉ JUGÉ SATISFAISANT

Bouteflika quitte l’hôpital

Douze jours après l’acte médical, un bilan post-opératoire a confirmé l’évolution positive de l’état de santé du président.

Le président de la République a quitté hier l´hôpital du Val-de-Grâce de Paris. Un communiqué médical signé du professeur Messaoud Zitouni, qui a annoncé la fin de l´hospitalisation du chef de l´Etat indique que «l´état de santé du président de la République M.Abdelaziz Bouteflika évolue très favorablement et les suites de l´intervention qu´il a subie sont d´un très bon pronostic». Le professeur Zitouni précise dans le même bulletin que «durant son hospitalisation, ses médecins traitants ont prescrit des examens complémentaires dans le cadre d´un bilan de santé approfondi». Un détail supplémentaire par rapport au premier bulletin annonçant l´intervention chirurgicale, qui explique le maintien du chef de l´Etat au Val-de-Grâce plusieurs jours après l´opération qu´il a subie le 5 décembre dernier. Ainsi, douze jours après l´acte médical, le bilan post-opératoire confirmant l´évolution positive de l´état de santé du président, «les médecins ont décidé la sortie, ce samedi, du président de la République de l´hôpital», souligne le communiqué du professeur Messaoud Zitouni. Pour preuve, «les résultats des investigations (ont été) satisfaisants», lit-on dans le bulletin de santé, qui recommande «un repos strict (...) au président avant la reprise de ses activités nationales et internationales». Ce second bulletin met définitivement fin au feuilleton qui a tenu en haleine l´opinion nationale. Sitôt sorti de l´hôpital, le président de la République se serait rendu dans «une résidence de repos en région parisienne». «Le président Bouteflika se trouve maintenant dans une résidence de repos en région parisienne», a révélé l´AFP, citant «une source algérienne». D´autres sources ont indiqué à L´Expression que le chef de l´Etat se trouverait en Suisse pour sa convalescence.

Un bulletin, puis la rumeur

Un certain 26 novembre 2005, date de son admission à l´hôpital militaire du Val-de-Grâce, les Algériens ont reçu l´information brute dans un communiqué laconique de la présidence de la République qui indiquait que le chef de l´Etat avait subi «un contrôle médical au niveau de l´hôpital d´Aïn Naâdja à Alger». Cette hospitalisation était intervenue «suite à des troubles au niveau de l´appareil digestif», informait le même communiqué qui avait également annoncé le transfert du chef de l´Etat à Paris pour y «subir un bilan médical plus approfondi». Précédant les interprétations que l´on pouvait faire de cette hospitalisation en urgence, les services de la présidence de la République ont tenu à préciser que «les médecins de l´hôpital d´Aïn Naâdja qui ont examiné le chef de l´Etat indiquent que la situation clinique du président de la République n´est pas source d´inquiétude». Une «précision» bien reçue par l´opinion qui a également été destinataire de plusieurs déclarations d´officiels algériens, dont le chef du gouvernement, le président de l´APN, le ministre des Affaires étrangères et le ministre d´Etat, représentant personnel du président de la République.
Autant de messages annonçant une évolution positive de la santé de Bouteflika, mais qui péchaient, faut-il le souligner, par leur caractère imprécis, voire sans substance informative avérée. Les dirigeants du pays se contentaient de dire que le président allait bien.
Les propos rassurants des officiels ont été vite battus en brèche par le premier bulletin de santé, daté du 5 décembre, qui annonçait ni plus ni moins qu´«une thérapeutique chirurgicale a été (...) prescrite et pratiquée». Le communiqué médical, signé par le même professeur Zitouni, indique que la maladie dont souffrait le chef de l´Etat était «un ulcère hémorragique au niveau de l´estomac». Bien que le bulletin avait signalé que l´«acte chirurgical a été réalisé dans d´excellentes conditions médicales tout comme la phase post-opératoire qui s´est déroulée de manière tout à fait satisfaisante», les Algériens ont tout de même montré une certaine inquiétude quant à la santé du président. D´autant, d´ailleurs, qu´il est précisé dans ledit bulletin que le président sera obligatoirement soumis à «une convalescence stricte et rigoureuse». L´absence de détails quant au temps que durera la convalescence et «le silence radio» observé par l´équipe médicale a ouvert grand les portes à la rumeur amplifiée par les médias français et entretenue par des «avis d´experts» qui donnaient le chef de l´Etat quasi mourant. Sensible à tout ce qui se dit sur l´état de santé du président de la République, l´opinion nationale était à l´affût de toute information susceptible de l´éclairer sur l´évolution de la situation au Val-de-Grâce. Ainsi, les informations les plus alarmistes ont circulé dans le Tout-Paris, avant de traverser la Méditerranée et se déverser sur la capitale algérienne, via Internet.
Il a fallu que le chanteur Cheb Mami, inquiet par la tournure que prenait la rumeur, lui rende visite et raconte son entrevue avec le président pour que les spéculations cessent. Avant l´entrée en scène de Mami, c´était le chef du gouvernement qui, excédé par l´ampleur de la manipulation médiatique, a démenti, dans une déclaration à l´APS, les informations faisant état de l´aggravation de la maladie de Bouteflika, annonçant par là même, l´imminence de sa sortie de l´hôpital.

Echec aux ultras

Ce dénouement «heureux» comme le qualifie le groupe parlementaire du FLN qui, en réaction à la sortie de l´hôpital du chef de l´Etat, a immédiatement rendu public un communiqué où il affirme son soulagement quant à la guérison du président de la République, intervient à un moment où les Algériens étaient quelque peu soulagés par les propos rassurants de Cheb Mami. Mais plus encore, il met un terme à une campagne savamment orchestrée par des milieux politiques hostiles à l´Algérie qui, à travers la personne de Bouteflika, voulaient donner de l´Algérie l´image d´un pays au bord du précipice. Les allusions blessantes au système de santé national et autres petites phrases assassines débitées sur des chaînes de télévision publiques et privées sont, à ce propos, révélatrices de la rancoeur que vouent certains politiques français à l´adresse de l´Algérie. Il est clair que ces milieux, en panne d´arguments pour répondre au président de la République sur le sujet du rôle de la colonisation, ont tenté d´exploiter la maladie de Bouteflika pour peindre un portrait positif de la présence française en Algérie.
Cela pour dire que l´hospitalisation du chef de l´Etat, même si elle a été source d´inquiétude pour l´ensemble de la collectivité nationale, elle a également permis de séparer «le bon grain de l´ivraie» de la classe politique française. Laquelle, il faut le reconnaître dispose en son sein d´hommes et de femmes responsables qui ont su faire le distinguo entre un problème politique et la maladie d´un homme. L´on retiendra, à ce propos, les déclarations très correctes des dirigeants français qui, du président Chirac à la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, en passant par le Premier ministre, Dominique de Villepin, et le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste Blasy, ont tous respecté le secret médical, voire «le secret d´Etat», en se refusant à tout commentaire sur la santé du président Bouteflika. Ils ont, chacun de leur côté, insisté sur l´importance du traité d´amitié entre l´Algérie et la France et ont tous souhaité sa concrétisation, malgré le vote négatif du Parlement français. La volonté clairement affichée de l´Etat français de ne point «politiser» la maladie du chef de l´Etat, a participé d´une manière directe à faire échec aux tentatives des ultras de donner une dimension politique à l´état de santé de Bouteflika et, partant, elle a d´une manière ou d´une autre confirmé l´excellence des relations entre les deux Etats quels qu´en soient les événements.

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