L'Expression

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PRESIDENTIELLE 2004

«Bouteflika reste le moins mauvais des candidats»

Depuis quelques mois, tout laisse indiquer que l´Algérie est engagée dans une précampagne électorale bien prématurée en vue du prochain scrutin présidentiel dont le terme n´arrive à échéance qu´en avril de l´année prochaine. Un article de presse paru récemment semble viser à m´enrôler dans la cohorte hétéroclite et insolite qui tend à empêcher, le détenteur actuel de la magistrature suprême en Algérie, de recevoir un nouveau mandat le reconduisant dans ses fonctions à la tête du pays. Je retrouve, dans cette cohorte, les voix qui, il y a maintenant une décennie, s´étaient déchaînées, avec une virulence débridée, contre la politique et le programme que j´avais assignés à l´action du Gouvernement, qu´il m´avait été donné de diriger de juillet 1992 à août 1993. Je constate, en particulier, que la haine et la hargne, qui s´acharnent actuellement contre le Président Abdelaziz Bouteflika rappellent la fureur hystérique et l´animosité venimeuse qui s´étaient affirmées contre ma personne et mon Gouvernement en 1992 - 1993.

Ma voix reste acquise à Bouteflika

De plus, ceux qui-, i1 y a une dizaine d´années, attaquaient et dénigraient la politique par laquelle je me proposais de redresser notre économie et de lui éviter de tomber sous l´emprise de l´étranger, ceux qui vilipendaient la «Rahma» que je proposais de promouvoir, avec l´accord d´autres responsables du pays, afin de réduire et de calmer la violence qui ensanglantait notre peuple et menaçait notre cohésion nationale ; ceux qui s´efforçaient, en 1999, de tourner en dérision le concept de concorde nationale que j´avançais comme la démarche appropriée en vue de combler le fossé apparu au sein de notre société du fait des menées terroristes qui l´ont éprouvée ; ceux qui, parfois en se drapant du voile du concept de la démocratie et de l´idéal républicain, ont repris à leur compte les thèmes politico-culturels qui, dans le passé, ont été opposés aux valeurs du nationalisme algérien ; ceux qui, enfin, ont soutenu et soutiennent toujours les courants délétères du berbérisme séparatiste, tous ceux-là, donc, qui-, pour ces différentes raisons, ne m´avaient pas épargné leur hostilité, y compris dans un passé récent, se retrouvent ligués, en ce moment et pour la plupart d´entre-eux, contre la personne du Président Bouteflika. Ai-je besoin de préciser que, aujourd´hui comme hier, je n´éprouve nulle envie de joindre ma voix à leurs clameurs et que, comme en 1999, mon vote, lors du prochain scrutin présidentiel, reste acquis à Abdelaziz Bouteflika.
Les auteurs qui citent, à l´appui de leurs thèses, des extraits de mes écrits isolés de l´ensemble de ces écrits et détachés de leur contexte, font fausse route. Les divergences qui ont pu me séparer, il y a maintenant plus de vingt années, du frère Abdelaziz Bouteflika, dans le cadre de la politique que conduisait le Président Boumedienne, sont sans commune mesure, avec l´étendue du fossé qui m´éloigne de ceux qui, aujourd´hui, tentent vainement de me situer à leur côté, dans le sillage de la campagne de haine et de dénigrement qu´ils mènent contre le Chef de l´Etat.
Certes, je ne suis nullement heureux ni des choix par lesquels le destin de notre pays a été engagé depuis 1979, ni de la manière dont les choses suivent leur cours dans l´Algérie actuelle. Le moins que je puisse dire est que je ne considère pas comme une fatalité inéluctable de se laisser emporter par le cours de la mondialisation qui prévaut dans beaucoup d´esprits par les temps qui courent, mondialisation qui ne vise rien de moins qu´à dissoudre les souverainetés nationales, à annihiler la volonté des peuples et à provoquer et à entretenir la misère des masses populaires, particulièrement, en ce qui concerne les pays dits du Tiers-Monde. Cependant, depuis le renvoi de mon Gouvernement en août 1993 et la décision par laquelle, on avait, ainsi, mis un terme à la politique par laquelle je me proposais de sortir l´Algérie de la crise, politique qui ne concordait pas avec les appétits et les options inavoués de certains groupes d´intérêts, j´avais toujours indiqué, dans mes propos publics, que je privilégiais le rétablissement de la sécurité et de la paix au sein de notre société, sans lesquelles il ne me paraît pas possible de réussir efficacement et durablement une action visant au redressement et au développement de notre `économie, ainsi qu´à l´instauration d´une démocratie digne de ce nom et d´une justice sociale véritable au bénéfice de l´ensemble de notre peuple. Des progrès indiscutables ont été accomplis ces dernières années dans ce sens et je souhaite que le Président Bouteflika puisse avoir la possibilité de poursuivre et d´achever pleinement son oeuvre dans ce domaine vital pour l´avenir de l´Algérie.
Je déplore profondément et sincèrement la rupture intervenue entre le Président Bouteflika et le frère Ali Benflis qui a été, pourtant, l´un de ses collaborateurs les plus proches. J´ai rencontré le frère Ali Benflis au sein du Comité central du FLN élu au lendemain des évènements d´octobre 1988. Mais, nous nous sommes, alors, davantage côtoyés que connus. J´ai fait véritablement la connaissance du frère Ali Benflis, quand il a occupé les fonctions de directeur de cabinet du Président Bouteflika, puis celles de Chef du Gouvernement. Il m´est agréable de rendre hommage à son intégrité, à son patriotisme, à son dévouement à la chose publique et à sa capacité de travail. Sous son égide, le parti du FLN a amorcé et accompli un renouveau méritoire, ainsi qu´un retour en force remarqué sur la scène politique nationale.
De la sorte, Ali Benflis s´est affirmé comme l´un des hommes de l´avenir pour l´Algérie. Mon voeu est que ce redressement du FLN soit poursuivi et consolidé. Malgré les vicissitudes et les défaillances, parfois graves, qui ont marqué le cours de son évolution depuis 1979, le FLN demeure un acteur déterminant pour la conduite des affaires du pays. A cet effet, la sauvegarde de son unité et la poursuite avec succès de sa rénovation et de son renforcement deviennent des objectifs stratégiques majeurs que commande toute politique sérieuse de salut national.
En ce sens, le rôle du frère Ali Benflis demeure essentiel. Puisse-t-il, pour ce faire, accomplir le geste ou les gestes qui transcendent la dimension d´homme politique pour accéder à la stature d´homme d´Etat. C´est probablement à la fin de la première décennie du présent siècle, que l´Algérie fera véritablement son entrée dans le 21e siècle.

Faire taire les sirènes de la division

En prévision de cette échéance capitale, en conjonction avec les autres courants authentiquement nationaux agissant sur la scène politique algérienne et en mobilisant toutes les forces éprises de progrès et demeurées attachées, au sein de notre société, à nos valeurs fondamentales, le FLN doit se préparer à assumer son rôle, en préservant son unité et en consolidant sa rénovation, de même que sa direction doit veiller à ne gâcher aucune des chances de son parti de se maintenir à l´avant-garde de la conduite des affaires du pays. Pour cela, il paraît sage, pour tous les protagonistes du conflit surgi au sein du FLN, de faire taire toutes les sirènes de la division et de la scission et de faire prévaloir l´intérêt supérieur de la patrie, autant que le respect et la fidélité dus à nos martyrs. Nul doute, que la voie de la sagesse donnera aux responsables du FLN la possibilité d´assurer à leur parti les conditions d´une nouvelle réussite historique, à Ali Benflis la garantie que les atouts dont il dispose pour l´avenir ne seront pas gâchés et au Président Bouteflika l´assurance de pouvoir couronner son passage à la tête de l´Algérie par des résultats non seulement positifs, mais durables.
Alger, le 3 décembre 2003

De Quoi j'me Mêle

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