EXPLOSION DE L’USINE GNL DE SKIKDA
Bouteflika sur les lieux
Dès les première heures de la catastrophe qui a secoué les trois unités du complexe GNL de Skikda, le périmètre de l´usine a été bouclé par les services de sécurité d´une telle manière que même les accompagnateurs de Boutef-lika, en visite à Constantine, et qui a dû se rendre précipitamment sur les lieux du drame, n´ont pu se frayer un chemin pour constater de visu l´ampleur des dégâts.
La conférence de presse de Chakib Khelil, ministre de l´Energie et des Mines, qui devait se tenir au niveau du siège de l´entreprise canadienne Lavalin Internatio-nal, a été annulée à la dernière minute.
De l´usine qui, jadis, faisait la fierté de toute une région, ne restait que les cendres, témoins d´une industrie gazière qui assurait plus de 23% de rente pétrolière à Sonatrach.
Le dispositif de sécurité mis en place, composé d´agents de la Protection civile et de membres de la Gendarmerie nationale, veille au grain.
Les travailleurs du complexe ont dû rebrousser chemin au même titre que les nombreuses familles venues s´enquérir de l´état de leurs proches. C´est l´apocalypse. La population continue de jaser et les langues se sont déliées davantage quant à l´origine de cette catastrophe. Cela dit, les premiers éléments en notre possession privilégient la piste de négligence.
Ainsi, d´entre les travailleurs, techniciens et ingénieurs du complexe gazier qu´on a pu rencontrer, d´aucuns s´accordent à dire que le vieillissement des installations et la politique de recrutement qui s´appuyait jusqu´ici sur le «piston» et les «passe-droits» seraient à l´origine de cette catastrophe industrielle.
«L´unité 40 qui présentait des anomalies depuis plusieurs années, et qui n´a connu aucune rénovation depuis 1976, est à l´origine de ce drame», nous confia un ingénieur, en sanglots qui vient de perdre l´un de ses meilleurs compagnons de route.
En somme, on attend les conclusions des commissions d´enquête, installées au niveau de Sonatrach, du ministère de l´Energie et des Mines et de la présidence, à la demande du président de la République qui, d´un ton solennel, avait demandé à tout savoir sur les causes de l´accident.