LES PRIX DU GAZOIL, DE L’EAU ET DE L’ÉLECTRICITÉ VONT FLAMBER
Des augmentations en cascade
«<I>Moins de social et plus de rationalité</I>», telle semble être la résolution du gouvernement pour cette année qui commence.
Entrée en vigueur depuis hier, la nouvelle loi de finances prévoit de nombreuses augmentations dans les prix des biens et services. L´Etat, qui a, une fois de plus, mis le paquet dans son plan global d´aide à la relance en débloquant 10 milliards de dollars sur les cinquante prévus dans le plan présidentiel, n´en a pas moins l´intention de faire de moins en moins de social. La tendance, du reste, était clairement affichée dans un récent discours du président, dans lequel il confinait le rôle de l´Etat à celui de «régulateur» du marché.
Le mazout, après une mémorable «foire d´empoigne» entre les députés et le ministre des Finances, ne coûtera qu´un dinar de plus alors que cette hausse devait être cinq fois plus forte. Une véritable hérésie pour qui sait que ce produit énergétique assure le plus gros des besoins des Algériens en matière de transport, de chauffage, d´électricité et même de fonctionnement de beaucoup de nos usines. Une réaction en chaîne sans précédent dans la hausse des prix des biens et services. D´ores et déjà, on annonce celle de l´électricité, de l´eau minérale, des produits de grande consommation qui coûtent pourtant bien assez cher, comme cela risque également d´être le cas pour le pain puisque les fours des boulangers marchent à l´électricité. Mieux, précisent des analystes, «la libéralisation totale du marché ne laissera d´influer sur le prix de la farine, jusque-là soutenu par les autorités algériennes».
Toujours dans le chapitre des mauvaises nouvelles sociales, la fameuse loi relative à la santé, mise sous le boisseau depuis les terribles évènements de Khenchela en 2002, devrait être «réactivée» dans le courant de cette année.
Le «contre-temps» enregistré a uniquement trait à la «nécessité d´établir des cartes spécifiques à l´ensemble des personnes dispensées avant que la médecine ne devienne intégralement payante au niveau de l´ensemble des hôpitaux et centres de soins algériens». Il est à relever, pourtant, que l´ensemble de ces mesures pouvant engendrer plus de pressions et de privations dans les foyers algériens, interviennent au moment où la situation financière du pays n´a jamais été aussi bonne depuis l´indépendance.
Avec des surliquidités bancaires dépassant les 2000 milliards de dinars, des réserves de change de plus de 30 milliards de dollars, une dette extérieure ramenée à juste un peu plus de 20 milliards de dollars et des entreprises publiques que l´Etat ne maintiendra plus en «vie artificielle», il faut dire que tous les ingrédients semblaient au contraire être réunis pour qu´un renvoi d´ascenseur social soit consenti à un peuple dont les sacrifices se mesurent à l´aune du chemin parcouru depuis la débâcle de 1988. C´est, du reste, dans cette optique que la prochaine tripartite s´annonce décisive à plus d´un titre. Entre un Etat qui ne cherche rien d´autre qu´à équilibrer ses comptes, quitte à ce que cela se fasse au détriment d´une situation sociale déjà bien alarmante sans cela, un patronat qui a désormais droit de cité et des exigences pour le moins recevables, et une Centrale Ugta qui est loin d´avoir dit son dernier mot, même si sa position stratégique est grandement affaiblie, il faut dire que les spéculations sont loin d´être simples, non plus les prévisions des uns et des autres même si unanimement, les observateurs s´accordent à dire que «d´une manière ou d´une autre, cette année nouvelle viendra sceller un tournant décisif dans les orientations sociales et économiques de notre pays».
Les paris sont ouverts alors que la conjoncture actuelle, ouverte à tous les scénarii possibles et imaginables, peut déboucher aussi bien sur le meilleur que sur le pire...