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OPEP

Elle augmente les quotas de production

Peut-on considérer que la réunion de l´Opep de jeudi à Vienne est un non-événement? En surfant sur les chiffres, les ministres du cartel ont déconcerté le marché et les cours ont quelque peu joué au yo-yo, en l´espace de vingt-quatre heures. Les écueils étaient nombreux, les récifs aussi, et en souquant entre tous ces obstacles, les membres de l´Opep n´ont pas fait preuve d´indépendance dans leur décision. La question mérite d´être posée: qui dirige désormais l´Opep, les pays producteurs ou les pays consommateurs, Etats-Unis en tête? Ces derniers ont leur taupe au sein de l´organisation, pour ne pas dire leurs chevaux de Troie, pour appliquer les cours et les quotas de production qui les arrangent au premier chef. Quelle décision, ou plutôt quelle non-décision a prise l´Opep jeudi? Elle a tout simplement décidé de réduire de deux millions de barils par jour (mbj) son offre sur le marché, tout en relevant son plafond de production à 25,4 mbj. Difficile à décrypter, cette décision cache des enjeux énormes et laisse la porte ouverte à plusieurs scénarios, surtout en prévision du retour sur la scène du Venezuela , du Nigeria et de l´Irak, ce dernier produisant 2,5 millions de barils/jour, dont 650.000 bmj pour la consommation locale. Pour rappel, les réserves de l´Irak, les deuxièmes du monde après celles de l´Arabie Saoudite, sont estimées à 112 milliards de barils. Limitées à ces deux millions et demi de barils par le programme onusien «Pétrole contre nourriture» depuis 1996, l´Irak a des capacités de production qui sont, bien évidemment, supérieures, et en cette période de transition, c´est-à-dire d´absence de gouvernement irakien, on ne sait pas si ce pays respectera la discipline de l´Opep ou s´il demandera tout simplement à quitter cette organisation. La reconstruction demandant beaucoup d´argent, et les Etats-Unis étant désormais maîtres du jeu, bien malin qui osera prédire ce que fera le nouveau gouvernement.. Sur décision du général Jay Garner, la production a, du reste, repris dans les champs pétroliers du sud de l´Irak, à raison de 175.000 barils par jour, mais cette production est destinée à approvisionner la raffinerie de Bassora et des centrales thermiques de cette région, et à satisfaire les besoins des automobilistes irakiens en carburant, avec l´espoir de mettre un terme aux immenses chaînes qui se forment quotidiennement devant les stations-service. C´est un véritable calvaire pour les Bagdadiens, qui n´hésitent pas, sur ce chapitre, à regretter la période Saddam Hussein. Le retour du pétrole irakien sur le marché mondial pose surtout des problèmes juridiques, en l´absence d´un gouvernement légitime reconnu par la communauté internationale et en mesure de négocier la vente du pétrole.
Il y a donc beaucoup de questions qui restent suspendues à cette décision surprenante de l´Opep de relever le plafond de production à 25,4 millions de barils par jours. «A elle seule, l´Arabie Saoudite, qui a allègrement dépassé son quota depuis plusieurs mois, devra réduire sa production de 9,1 à 8,25 millions bmj», a déclaré le président de l´Opep, le Qatari Abdellah Attiyah, qui a, par ailleurs, justifié le dépassement des quotas de production par les circonstances exceptionnelles liées à la guerre.

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