LA DIRECTRICE RÉGIONALE DU PAM
«Il faut séparer l’humanitaire du politique»
Naïla Sabra: C´est une situation très difficile et qui ne laisse personne indifférent. Les conditions de vie se sont notamment dégradées après les dernières inondations qui ont sérieusement touché la région. Mais je vous assure que le Programme alimentaire mondial ne lésine pas sur le moindre moyen afin d´apporter l´aide et l´assistance nécessaires aux réfugiés sahraouis. Je suis personnellement très secouée par cette situation et celle surtout des enfants qui souffrent de la malnutrition.
Oui, nous savons très bien que les réfugiés souffrent de malnutrition qui est déjà une maladie, mais qui engendre d´autres maladies comme l´anémie surtout et les malformations congénitales chez les enfants. Mais, concrètement, nous ne disposons pas de statistiques exactes sur le nombre de nécessiteux. Cela dit, il est impossible d´établir des plans d´intervention sur des chiffres planifiés, mais qui ne démontrent pas souvent la situation réelle des réfugiés.
Je peux vous certifier que les pays donateurs refusent souvent d´attribuer des aides en l´absence de statistiques fiables et réelles. Nous avons lancé le dernier appel aux donateurs, le 26 octobre dernier, mais il est toujours impératif de travailler sur la base d´une expertise concrète et de garantir ensuite que les aides sont bien parvenues aux nécessiteux.
Je ne dirais pas qu´il y a détournement mais plutôt un laxisme dans la gestion et la distribution des aides. Il y a aussi une sorte de manque de coordination, ce qui nous appelle à travailler conjointement avec les partenaires, chose qui faisait auparavant défaut.
La question est déjà très politique et le volet humanitaire s´y greffe. Il faut séparer impérativement l´humanitaire du politique et éviter ainsi de politiser le volet humanitaire.
Effectivement, il y a d´ores et déjà une livraison qui sera acheminée dans les tout prochains jours, plus exactement avant la fin du mois de novembre. Nous avons prévu aussi un plan spécial avec le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) afin de prendre en charge les problèmes d´ordre sanitaire.
D´ailleurs, ils sont déjà sur place comme vous l´avez constaté afin de faire une expertise, tandis que d´autres ONG s´occupent de la prise en charge des cas jugés urgents. Nous continuons aussi à travailler en étroite collaboration avec les instances algériennes, notamment le Croissant-Rouge.