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DES EXPERTS S’EXPRIMENT

«La prévention a un coût»

Une véritable série noire s’abat sur les infrastructures clés de l’industrie nationale.

La dernière explosion qui a fait trois victimes à la cimenterie de Chlef, au lendemain de l´Aïd, vient confirmer cet effrayant constat ! Un sinistre qui succède à d´autres, telle la mégacatastrophe de la raffinerie de Skikda, émaillée par la suite par bien de calamités bien que mineures mais ô combien effrayantes, comme ce fut le cas à Arzew que d´aucuns qualifient de site industriel encore vulnérable. Ce rappel n´est pas sans évoquer le cas de Hassi Messaoud, dont une importante population, implantée littéralement sur des pipelines, intègre à son tour les zones à risques, dangereusement installée qu´elle est sur un «chaudron». Il a fallu des années pour que les autorités et à leur tête le ministère de l´Energie prennent conscience du danger potentiel que couve toute une zone. Etre réduit à constater les dégâts «après coup», n´est, selon les spécialistes, que le résultat d´une carence en politique de prévention adéquate ; une politique où l´avis des experts doit être pris en compte par les autorités et autres responsables en charge d´infrastructures sensibles.
Autrement dit, si l´on en est arrivé, aujourd´hui, à constater avec effarement les dégâts occasionnés par de tels mégamalus, c´est uniquement pour avoir manqué d´en référer à un consulting avisé. «Personne ne nous demande notre avis!», disent certains ingénieurs spécialisés dans la prévention des risques majeurs. Plus récente encore est la douloureuse expérience du séisme de Boumerdès où l´évaluation des dégâts a fait ressortir, par la suite, qu´un certain nombre des bâtisses qui se sont effondrées n´obéissaient à aucune norme parasismique, résultat d´une déliquescence flagrante en engineering de la construction dont l´illustration la plus évidente est l´absence quasi totale de bureaux d´architecture et de suivi sur les chantiers de construction.
Néanmoins, et d´après les affirmations des professionnels de la prévention, des avertissements consignés sur rapport ont bel et bien été établis pour le compte de moult unités industrielles névralgiques. Ces rapports généralement instruits sur la base de calculs précis notifient noir sur blanc la durée de vie de toute installation ainsi que d´autres informations d´une importance capitale pour la sécurité du site. C´est le cas justement pour l´unité de production de ciment de Chlef , qui a une vingtaine d´année d´existence et dont le sinistre fait encore l´objet d´enquête. A ce propos, des avertissements concernant la sécurité de certaines installations ont été émis dès les années soixante-dix, affirment nos sources. Mais quand vient l´heure d´appliquer les consignes de sécurité, souvent les directives butent sur l´écueil financier que brandissent systématiquement les responsables d´unités industrielles, oubliant de la sorte que «la sécurité et la maintenance préventive ont un coût!». En effet, longtemps, on a privilégié la sécurité anti-intrusion au détriment de la maintenance préventive, soit «la vraie prévention qui induit une maintenance efficace et des contrôles périodiques», soutient-on encore.
Les catastrophes en chaîne qui touchent indistinctement les sites industriels pourraient être également la conséquence d´une sanglante décennie qui a fait passer au second plan la sécurité industrielle.

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