BOUDJERRA SOLTANI À LA CHAÎNE II
«Laissons les plaies se refermer»
Le président du MSP compte se présenter en 2009 sous les couleurs de son parti.
Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP) a indiqué jeudi à la Chaîne II de la radio que «chacun doit assumer» ses propos. Cette déclaration, assortie d´un appel à «l´apaisement», s´insère dans le cadre de la polémique qu´ont provoquée les récentes déclarations de Madani Mezrag. Boudjerra Soltani met la polémique sur le compte des médias qui l´ont considérablement «gonflée» et les invite à plus de modération parce que, selon lui, la situation ne mérite pas tant d´alarmisme ou de provocation. Il serait plus judicieux de laisser les plaies se refermer, a-t-il suggéré.
Comme il prône «la mise en oeuvre d´une politique durable de lutte contre la corruption et la dénonciation des personnes qui ont dilapidé les biens publics et se sont enrichies au détriment de la nation». Il a cité le cas de Khalifa et demandé l´ouverture du dossier. «Ce dossier a dissuadé de nombreux opérateurs étrangers d´investir en Algérie», souligne-t-il.
Rappelons que le groupe parlementaire du MSP avait voté contre l´article 7 de la loi anticorruption. Le groupe était favorable à une reformulation de l´article en question ; chose qui n´a pas été faite. Il s´est donc aligné sur la ligne du FLN sans le vouloir.
Soltani rappelle que son parti avait soutenu, par deux fois, la candidature de Bouteflika aux présidentielles sur la base d´un programme. Il reproche à Belkhadem d´accaparer l´aura de Bouteflika - en rappelant à chaque occasion qu´il est le président du parti - dans un espace purement partisan. Or l´Alliance est toujours là, même si elle est en état de «gel», selon sa propre formule. Il lance une menace en l´air en annonçant son intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle sous les couleurs de son parti, si le Madjliss Echoura le cautionne, bien évidemment.
Le premier responsable du MSP a évoqué enfin, le dossier des disparus en appelant à «une prise en charge définitive» afin de couper la route devant les ONG qui en font « un motif de pression contre l´Algérie».
Rappelons enfin que le MSP a enregistré un net recul lors des élections législatives et locales de 2002. Les raisons du recul sont dues au décès de Mahfoud Nahnah, d´une part, et aux positions politiques du parti pendant les années de crise, de l´autre. Son discours a favorisé El Islah qui a raflé la mise lors des derniers scrutins. Les dernières partielles en Kabylie l´ont encore confirmé.
Le MSP compte donc faire cavalier seul. Mais il avait proposé à ses pairs de l´Alliance d´entrer dans les prochaines compétitions avec des listes communes. Comme il a buté sur un silence éloquent, il a décidé de faire monter les enchères en annonçant sa candidature -il faut le dire- assez précocement.