SÉMINAIRE SUR LE DÉSENDETTEMENT DE L’ETAT
L’Algérie a tiré la leçon
Les intervenants au séminaire ont mis l’accent sur l’absence de suivi et de contrôle sur le terrain de l’application des différents dispositifs engagés par l’Etat.
«Le paiement par anticipation de la dette extérieure de l´Algérie n´a en aucun cas influencé les équilibres budgétaires de l´Algérie», a déclaré le professeur Medjitena Messaoud. Ce directeur de l´institut des sciences économiques d´Alger intervenait lors d´un séminaire portant sur l´usage des revenus des hydrocarbures, désendettement, financement de l´économie nationale et placement à l´étranger, organisé jeudi dernier à l´université III d´Alger. Ce professeur a défendu la politique prônée par le gouvernement algérien concernant le paiement anticipé de la dette.
Cette décision, rappelons-le, n´a pas fait l´unanimité chez les experts. Beaucoup d´entre eux ont critiqué ce choix. Pour lever le flou, ce professeur a tenu à clarifier le fait que la conjoncture était favorable à l´Algérie en 2006. Selon lui, l´Algérie était très à l´aise sur le plan financier avec des recettes pétrolières substantielles.
Cette manne financière, selon M.Medjitena, a permis à la fois de rembourser les dettes et de financer le plan quinquennal 2005/ 2009. «L´Algérie a procédé» au paiement de sa dette car les taux d´intérêts étaient plus faibles sur le marché international», a-t-il encore argumenté. Il a rappelé, dans ce sens, que le Club de Paris avait des difficultés budgétaires, c´est pourquoi il a revu à la baisse ses taux intérêts, lesquels étaient entre 1% et 3%.
Ce niveau bas des taux d´intérêts a permis à notre pays de réaliser un gain de 2 milliards de dollars. Dans sa plaidoirie, le professeur a soulevé un élément très important qui est l´autonomie de décision.
En se désengageant du poids de la dette, le gouvernement algérien a retrouvé son autonomie de décision. Ce conférencier estime que l´Algérie a tiré la leçon des expériences précédentes, entre autres, le choc pétrolier de 1979 et de 1986.
D´autres sujets économiques en rapport avec ce thème ont été débattus.
Les intervenants ont passé en revue les différentes décisions prises par le gouvernement. L´effacement des dettes des entreprises et des agriculteurs ont suscité de vives interrogations, le blocage des crédits à l´automobile aussi.
le Dr Sediki qui a présenté une intervention sur le désendettement des opérateurs, en particulier les agriculteurs, en a donné un constat réel. Tout en qualifiant cette décision de rationnelle, Mme Sediki estime que l´effacement des dettes ne doit pas encourager les entreprises et les agriculteurs à compter sur les aides de l´Etat. Les entreprises doivent développer leurs propres sources de financement.
Ce professeur a relevé l´absence des outils d´évaluation des différents dispositifs. «Malgré que des montants importants ont été dégagés, il n´y a pas des mécanismes permettant d´évaluer l´application de ces dispositifs», a-t-elle expliqué.
Un avis partagé par de nombreux participants au débat qui ont mis l´accent sur l´absence de suivi et de contrôle sur le terrain. C´est pourquoi des dépassements ont été enregistrés dans plusieurs secteurs. Des faux agriculteurs ont bénéficié des crédits sans pour autant les exploiter.
Le séminaire a également fait le tour des questions économiques.
La gestion des réserves de change, les banques et le financement des projets, le système de paiement et la bancarisation des populations, la problématique de la convertibilité du dinar, sont autant de thématiques débattues par les intervenants. à travers ces séminaires, l´Université tente de se mettre au service de la société.