DES JOURNAUX ET DES PERSONNALITÉS S’EN PRENNENT À BOUTEFLIKA
L’Algérie malade du syndrome Chavez
Après avoir réclamé la démission du Président, voire un coup d’Etat militaire, les détracteurs du chef de l’Etat semblent s’inspirer de l’exemple vénézuélien.
Il est un fait que de nombreux observateurs de la scène politique nationale ont constaté que la campagne électorale pour l´élection présidentielle de 2004 a démarré trop tôt dans notre pays. Celle-ci a été inaugurée il y a plus de six mois par une série de procès où l´on a fait celui de la concorde civile, premier acte politique par lequel le chef de l´Etat a débuté son mandat. Les initiateurs de la campagne anti-Bouteflika ne se sont, en fait, pas contentés de l´attaquer sur le volet de sa gestion politique, mais ont tenté de le diaboliser auprès de l´opinion publique, en dépeignant l´homme comme étant à l´origine de tous les blocages qui caractérisent la scène socio-économique. La campagne de dénigrement est allée crescendo. Les détracteurs du chef de l´Etat, inspirés sans doute par ce qui se passe au Venezuela, ont cru bon, en usant de manipulations médiatiques, donner l´impression que des pans entiers de la société ont basculé dans le camp des adversaires de Bouteflika. Le fil conducteur de cette campagne est évidemment un prétendu échec de la politique de Concorde civile qui aurait provoqué, selon ces mêmes cercles hostiles, un retour «triomphale» de l´islamisme en Algérie. Les détracteurs du Président de la République veulent accréditer la thèse selon laquelle, la démarche réconciliatrice de Bouteflika a conduit à un marasme politique. Lequel a touché tous les secteurs de la vie socio-économique. Sur la question de l´islamisme précisément, le chef de l´Etat s´est prononcé récemment dans les colonnes du quotidien italien La Stampa que les formations d´obédience islamiste sont respectueuses des lois de la République. Une déclaration qui sonne comme une réponse à ceux qui veulent leur exclusion pure et simple du champ politique national.
Accusé d´accointance avec les islamistes algériens, le chef de l´Etat est accrédité d´une très faible influence sur les forces vives de la nation. Dans cet esprit, on tente d´exploiter la moindre déclaration de la Centrale syndicale ou du patronat privé national pour monter des scénarios, parfois invraisemblables qui, à voir d´assez près, nous permettent d´entrevoir un certain parallèle avec ce qui se passe au Venezuela où le président Chavez fait face à une grève générale qui dure depuis plus d´un mois. A entendre les chefs de file de l´opposition dite républicaine et démocratique, le chef de l´Etat ne dispose de soutiens qu´au sein de la famille islamo-conservatrice. En fait, c´est en théorie, et en théorie seulement, que l´on peut se permettre une comparaison entre l´Algérie et le Venezuela. La raison en est que les meneurs de la campagne anti-Bouteflika ne représentent en tout et pour tout que quelque 5% de l´électorat. Ils sont dans l´incapacité de conduire un mouvement aussi important que celui constaté à Caracas.
En tout état de cause, les observateurs avertis sont unanimes à dire que toutes les attaques dirigées contre le premier magistrat du pays n´ont qu´un seul objectif: la présidentielle de 2004. Ces mêmes observateurs remarquent, par ailleurs, que cette campagne, somme toute précoce, n´est pas dans l´intérêt de la nation, loin de là.