GUERRE EN IRAK BUSH VEND LA PEAU DE L’OURS AVANT DE L’AVOIR TUÉ
«L’après-Saddam» comme arme de guerre
Cette polémique, arme psychologique non-conventionnelle, sous-entend que la victoire sur Bagdad est acquise d’avance.
La polémique autour de l´Irak de l´après-Saddam, envenime les relations entre les concepteurs de la guerre au Pentagone et les prêcheurs de la politique. Celle-ci fait suite à une précédente polémique sur le déroulement de la guerre. Entre Rumsfeld et les patrons du redoutable Pentagone, rien ne va plus. La reconstruction de l´Irak après le déluge de bombes qui continue à s´abattre sur ses cités millénaires, représente des milliards de dollars qui en font baver plus d´un aux USA. Le bras de fer entre le secrétaire d´Etat à la défense Donald Rumsfeld et les grands officiers du Pentagone, concernant la composition de l´équipe de transition qui régentera l´Irak, bascule de plus en plus à l´invective. Pour les plus durs du Pentagone, préoccupés beaucoup plus par les contrats pétroliers et industriels déjà signés, il n´est pas question que la défunte ONU, s´en mêle. Alors que les partisans de la solution «la moins dure», veulent limiter le rôle de l´ONU à l´humanitaire: éducation, nourriture et commerce. Deux faces pour une même pièce ont déclaré certains analystes qui estiment, en tout cas, que les deux parties croient dur comme fer, que leurs ennuis disparaîtront après la chute du régime irakien.
Mais la résistance farouche des Irakiens risque de les décevoir, d´autant plus que jusqu´au douzième jour de la guerre, les pro-Bush demeurent dans l´incapacité de se mettre d´accord sur les plans de la guerre. Les cercles médiatiques européens et américains se demandent déjà si l´administration Bush n´est pas en train de vendre la peau de l´ours avant de l´avoir tué. C´est par le concept de la guerre préventive, que les Américains et les Britanniques tenteront de faire main basse sur les richesses de l´Irak. C´est au nom de la sécurité et de la menace permanente du terrorisme, que le Pentagone joue, pour arriver à ces fins. C´est d´ailleurs pour le même prétexte, celui de la menace permanente que la guerre «préventive» s´est déclenchée sans et malgré l´ONU. Les contours de cette polémique apparaissent à travers la panoplie des noms proposés par les uns et les autres pour la constitution de l´équipe «qui devra régenter l´Irak». L´un demande que la reconstruction de l´Irak ainsi que l´aide humanitaire soient confiées au Pentagone l´autre avance le contraire. Mais les deux parties proposent de mettre à la tête de l´équipe qui dirigera le pays et les affaires civiles de l´Irak, deux faucons de guerre. C´est-à-dire des militaires de la CIA.
Le comble, c´est que chacun contrôle ses propres opposants irakiens, qui devront faire partie de l´équipe de transition. Dans ce conflit énergique, tout reste flou. Une chose demeure claire c´est le fait, que la polémique sur l´après-Saddam porte en elle des relents d´une offensive médiatique d´une «victoire acquise d´avance».
Et si Saddam sortait victorieux de cette guerre?