BOUTEFLIKA EST ARRIVÉ HIER À TOULON
Le temps de la refondation
Les cérémonies du 60e anniversaire du débarquement de Provence se déroulent sous de bons auspices.
La volonté des autorités françaises d´instaurer un climat sain entre Alger et Paris semble faire son petit bonhomme de chemin. La reconnaissance des sacrifices consentis par les anciens combattants est en soi une première étape pour l´assainissement des relations et la réhabilitation de cette frange d´Algériens marginalisée par l´administration hexagonale. Cette thèse se concrétise à travers les positions adoptées ce week-end, battant en brèche les idées extrémistes qui veulent ajouter de l´huile sur le feu pour attiser les rancoeurs Dans sa dernière édition, Le Figaro écrit que «la France et l´Algérie sont d´accord pour la refondation d´une relation apaisée, basée sur l´intérêt et le respect mutuels». L´article, intitulé «Les Algériens sont contre la manipulation», apporte des éclaircissements sur les dessous du forcing engagé par les quarante députés UMP et rappelle que «ce rapprochement découle d´une volonté fortement exprimée par les présidents des deux pays». Et d´enchaîner que la reconnaissance, même si elle est tardive, «vise à rendre hommage aux milliers de combattants africains, dont des Algériens, qui ont participé au débarquement de Provence pour libérer la France et l´Europe de l´occupation nazie».
A ce propos le rédacteur de l´article a fait un minisondage auprès de la population émigrée. Il cite en exemple, un universitaire algérien qui considère que le fait d´assimiler tous les Algériens morts pour libérer la France de l´occupation nazie, aux supplétifs de la colonisation, partisans de l´Algérie française, est «une contrevérité historique, un révisionnisme absurde».
Diverses sources se sont relayées pour insister sur le fait qu´«on ne peut confondre la guerre d´Algérie avec la guerre 39-45. Quatre décennies après leur indépendance, les Algériens, dont les deux tiers sont nés après les Accords d´Evian du 18 mars 1962, ont déjà tourné la page».
En outre, «depuis quelques années, à Alger comme dans
les villes de province, les pieds-noirs multiplient les pèlerinages au pays natal. Dans leur quartier d´origine, leurs anciens voisins les accueillent avec chaleur et émotion».
L´agence officielle française, quant à elle, abonde dans le même sens, en affirmant que «beaucoup d´espoirs sont placés dans les commémorations de la libération de la Provence, à laquelle leurs aînés ont souvent participé, les Algériens de Toulon (sud-est) veulent tourner définitivement la page d´un passé douloureux avec leur pays d´adoption».
Les avis favorables au rapprochement sont multiples. Mohamed Izza, qui fut pendant 20 ans responsable de l´Amicale des Algériens de Toulon estime: «Nous sommes très sensibles à la venue du président algérien. Il vient en éclaireur de la paix, pour faire avancer le Traité d´amitié qui devra lier les deux pays.»
L´AFP révèle le nombre de 20.000 «dont près de la moitié de binationaux´´, les Algériens de Toulon viennent presque tous de Constantine, dans l´est, mais ont voté à 89% en avril pour M.Bouteflika, l´homme de l´Ouest´´, et se réjouissent pour la plupart de sa venue».