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JEAN-LOUIS DEBRÉ À ALGER

Le traité d’amitié en toile de fond

Le projet est freiné par une double crise, la loi du 23 février 2005 et un désintérêt affiché par Nicolas Sarkozy.

Jean-Louis Debré, président de l´Assemblée nationale française, est à Alger depuis hier. Ce n´est pas une simple escale touristique, mais une visite hautement politique. La liste des tête-à-tête entre responsables algériens et français n´est pas encore bouclée.
Ainsi, après les visites de Nicolas Sarkozy et François Hollande, respectivement ministre de l´Intérieur et secrétaire général du Parti socialiste français, Jean-Louis Debré se charge d´une nouvelle mission auprès des officiels algériens. On annonce, en toile de fond, une énième épreuve, signée Jacques Chirac, qui tend à redonner le souffle au «traité d´amitié».
D´ailleurs, Jean-Louis Debré qui sera reçu par Abdelaziz Bouteflika, devrait lui transmettre un message du président français. Manière de montrer un intérêt de la France à ce traité, à quelques encablures seulement de la présidentielle française. Jacques Chirac semble bien vouloir tenter jusqu´au dernier jour de son mandat. Ce même «traité d´amitié» a été gelé après le vote de la loi du 23 février 2005 par le Parlement français, dont le président de l´Assemblée n´est autre que Jean-Louis Debré. La loi du 23 février 2005 qui glorifie le colonialisme, en Afrique du Nord, avait suscité une polémique sans précédent. Le président français, rappelons-le, ulcéré par la tournure qu´avait pris la controverse, a tenté de calmer le jeu en retirant l´article 4 de cette même loi. Le procédé de Jacques Chirac n´a pas pu crever l´abcès, car cette même loi continuait à glorifier le rôle «positif» du colonialisme. Dans l´entourage du Parlement algérien, on souligne l´importance de cette escale, d´autant qu´elle mobilise plusieurs partis politiques français, à commencer par l´UMP et le PS. Jean-Louis Debré n´est autre qu´un proche du président Jacques Chirac. «Debré est porteur d´un message de Jacques Chirac touchant aux relations bilatérales», a-t-on indiqué dans l´entourage du chef de l´Etat français, une précision rapportée par l´AFP. «La France et l´Algérie sont deux grandes nations méditerranéennes qui partagent une communauté de destin. Je suis donc optimiste sur l´avenir de leurs relations», a souligné Jean-Louis Debré, interrogé, hier, par l´APS. Cependant, M.Debré n´a soufflé mot sur le «traité d´amitié». Il s´est contenté d´user d´un langage classique. Il a précisé que les «relations spécifiquement interparlementaires ont pour canal privilégié les groupes d´amitié des deux Assemblées». Néanmoins, le stade de «partenariat d´exception», réclamé par Jacques Chirac, lors de sa visite à Alger, en 2003, n´a pu être atteint, en raison de la polémique suscitée par la loi du 23 février 2005. Celle-ci avait fait sentir illico presto ses effets. Le président de la République a réclamé publiquement des «excuses officielles» de la France pour les crimes commis durant la colonisation. Depuis, le projet de «traité d´amitié» est resté au point mort en dépit d´un sempiternel va-et-vient des officiels français. Après une mission inaccomplie de Philippe Douste-Blazy, chef de la diplomatie française, Jacques Chirac choisit, cette fois-ci, son intime Jean-Louis Debré. Pas question de céder le terrain de sitôt à Nicolas Sarkozy, candidat à l´Elysée, qui avait estimé, en novembre à Alger, que le partenariat algéro-français «n´a pas besoin d´un traité d´amitié».
Rappelons, dans la foulée, que Jean-Louis Debré a voté contre la candidature de Nicolas Sarkozy, lors du dernier congrès de l´UMP. L´opposition du président de l´Assemblée française au candidat de l´UMP explique une rivalité bien claire entre Jacques Chirac et son frère ennemi, Nicolas Sarkozy.
Un antagonisme mis au jour de plus en plus à la faveur de la visite à Alger, la première du genre, de Jean-Louis Debré. Par ailleurs, une source diplomatique française, rapportée hier par l´AFP, a déclaré au sujet du «traité d´amitié» que «la balle est dans le camp algérien», et la France «attend un geste» de l´Algérie.
Du côté algérien, après une campagne menée tambour battant par les officiels contre la loi du 23 février 2005, une source parlementaire tente de relooker l´image de Jean-Louis Debré. «Ces gens (Jean-Louis Debré et sa délégation) se sont opposés à la loi du 23 février 2005. La preuve, ces derniers se sont absentés lors du vote».

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