TROIS GROUPES PARLEMENTAIRES DENONCENT
«Non à la révocation des indus élus»
En cas de conflit entre l’Exécutif et le législatif, c’est le premier qui doit être dissous.
La satisfaction de la sixième incidence dans le cadre du dialogue gouvernement-archs n´en finit pas de déchaîner les passions. Ainsi, trois groupes parlementaires, représentant une majorité écrasante au sein de l´APN se sont réunis pour rendre public un communiqué dénonçant ce que les observateurs s´accordent à qualifier de «révocation des indus élus». Ainsi, les groupes parlementaires du FLN, du PT et des indépendants rejettent-ils avec force cette mesure, sur la base de nombreux arguments tant légaux que politiques. Le communiqué indique ainsi, selon les desiderata de la jeunesse révoltée de Kabylie, que toute solution doit revêtir un cadre national, ce qui ne sera pas le cas si les élus de cette région étaient les seuls à être révoqués, comme il a été entendu entre le gouvernement et la délégation du mouvement des archs. Ces partis, dans le même ordre d´idées, rappellent que «c´est le souci de la préservation de l´unité de la nation qui (les) a poussés à assumer (leurs) responsabilités en présentant des candidats dans ces régions». Sur le plan légal, les signataires de la déclaration soulignent avec pertinence que «les germes de la crise résident précisément dans le non-respect de la Constitution, ce n´est donc pas en la foulant aux pieds qu´il sera possible d´en venir à bout». Explication: «Il n´est du pouvoir de personne, et encore moins du gouvernement, de qualifier d´indus élus des personnes que le Conseil constitutionnel lui-même a confortés dans les postes que leur a octroyés le peuple par la voie des urnes.» Même si la démarche n´est pas rejetée en bloc, il est quand même souligné que «ce n´est pas au gouvernement avec un groupe de personnes données de décider de cela, mais au Conseil constitutionnel et à l´APN de statuer souverainement sur cette affaire». Or, ils n´y ont même pas été associés.
Le communiqué poursuit pour dire que rien dans l´arsenal juridique algérien ne prévoit de donner le pouvoir à un gouvernement pour mettre fin au mandat d´élus détenteurs d´un mandat populaire souverain et intouchable sauf en des cas précis que le document détaille, finissant d´enfoncer le clou face au véritable bourbier dans lequel semble s´être placé Ouyahia en cherchant à régler coûte que coûte la crise de Kabylie avant la prochaine présidentielle. Même l´état d´urgence ne permet pas ce genre de procédés que d´aucuns n´hésitent pas à qualifier de «dictatorial». Les signataires de la déclaration, dont la démarche vise avant tout à prévenir une nouvelle crise plus grave encore que celle qui vise à circonscrire la démarche d´Ouyahia, soulignent que le retour au peuple et aux urnes ne leur fait guère peur.