POUR PRÉVENIR LES ATTENTATS SUR LE LITTORAL
On déploie les grands moyens
La localisation de 11 terroristes à Alger relance le débat sur la sécurité des plages.
En cette période estivale, les lieux les plus exposés aux actions criminelles sont inéluctablement les bandes côtières qui attirent le plus de vacanciers en villégiature. La localisation de 11 terroristes à Alger, rapportée dans notre édition d´hier, relance le débat sur la sécurité sur les plages. Partant de là, et même si, jusqu´à présent, aucun attentat terroriste n´a été perpétré dans ces endroits à forte fréquentation, les risques n´en sont pour autant définitivement écartés.
Vraisemblablement, la capitale Alger est la plus exposée. Cela va de l´avis même de certaines sources sécuritaires qui soupçonnent des recrutements massifs dans les rangs du Gspc dans la banlieue d´Alger. Après avoir désigné son émir dans la région, le Gspc est plus que déterminé à se redéployer de manière pratique en usant de tout forfait médiatiquement payant. L´attaque de la centrale électrique du Hamma - n´était la vigilance des services de sécurité - n´était qu´un prélude à une longue série de complots macabres. Bien qu´aucune psychose majeure n´est à signaler, la menace terroriste est rigoureusement endiguée par une série de mesures expressément sécuritaires.
Les plus ostentatoires sont les barrages dressés par les militaires ou les gendarmes sur l´ensemble des axes routiers menant à des stations balnéaires ou autres lieux de baignade.
Dans les zones où le degré d´alerte est relativement important, les contrôles deviennent strictement rigoureux. Tout est passé au peigne fin: documents d´identité, bagages ou autres équipements aussi anodins soient-ils. La gendarmerie et la police sont à l´avant-garde de cette bataille. Le premier corps s´est illustré par son plan Delphine visant particulièrement durant les trois mois de l´été, la sécurisation maximale «des points de chute familiaux et des centres de loisirs, tels que les plages et les parcs publics».
En mobilisant près de 60.000 hommes de terrain H24, le plan Delphine de la Gendarmerie compte indéfectiblement faire de la sécurité de proximité son souci permanent. Le second corps, pour sa part, a mis en place le plan Azur - initié par la Sûreté de la wilaya d´Alger depuis le 21 juin et s´étendra jusqu´au 20 septembre de l´année en cours - où pas moins de 10.000 policiers ont été appelés en renfort en appui au dispositif permanent antiterroriste. «Ce plan d´action approprié, baptisé plan Azur, est évolutif en fonction des situations susceptibles de se produire, et manie à la fois la prévention, la dissuasion et en dernier recours la répression s´il est nécessaire», a insisté Boudalia, chargé de la communication au commissariat central d´Alger, au lendemain où ledit plan était devenu opérationnel.
La sécurisation du littoral, des sites touristiques, des parcs et des lieux de loisirs est l´une des priorités de la police. Et comme l´on peut s´en douter, l´ombre du Gspc est la principale motivation de cette vigilance accrue. Les forces de l´ANP ne sont pas, de leur côté, restées en marge. Leur concours est tel que beaucoup de poches terroristes ont été réduites à néant grâce à la consistance des ratissages et à la non-intermittence des assauts.
De même, l´essentiel des plages nationales ne sont dérangées par aucun acte prêtant à suspicion. C´est dire qu´après un mois d´importants afflux touristiques, la sécurité est infailliblement garantie. Il en ressort, en conséquence, que c´est la note la plus positive à relever d´un début d´été médiocrement animé.