L'Expression

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Quand Khalifa parlera, l’Algérie tremblera

On le croyait à jamais reclus dans son exil londonien, terrassé par sa déconfiture. Une bérézina. Un rêve, celui de 20.000 Algériens courant derrière la prospérité et qui a tourné court, sans crier gare ! Le golden boy a décidé de parler. Moumen Khalifa, comme son défunt père, illustre révolutionnaire, restera pour la jeune génération, une légende vivante, même si ceux qui l´ont froidement exécuté, un froid matin de novembre, sont convaincus maintenant qu´ils n´ont pas achevé le boulot. Parce qu´il n´a plus rien à perdre après la chute de son empire, parce qu´aussi ce sont ses propres amis politiques qu´il a tant choyés, qui se sont improvisés être ses pires fossoyeurs, Moumen a lâché hier une première salve de sa vérité qui a semé à Alger, à la présidence et dans certaines officines, une réelle panique. Son intervention n´est pas fortuite. Elle intervient trois jours à peine après que les médias aient rapporté les propos du général Nezzar qui assure que le jour viendra où les Algériens sauront où, comment et par qui l´argent de la banque El Khalifa s´est volatilisé.
Durant plusieurs mois, cet homme a observé une abstinence totale sur le plan des médias. Il s´est tenu à une règle d´or que son père lui avait certainement enseignée dans son enfance et qui veut que «le meilleur usage que l´on puisse faire de la parole est de se taire». Maintenant que le silence est rompu par «l´homme de Londres», on peut dire bonjour les dégâts! C´est promis: ils seront énormes. Il n´a pas peur d´une surexposition médiatique parce qu´il est convaincu qu´en ce moment précis, c´est son vrai tombeur, le président Bouteflika et les autres margoulins de son entourage qui doivent trembler devant cette terrifiante perspective que lui, Moumen l´exilé, sorte les dossiers, les montants des virements en devises et autres cadeaux princiers que son groupe avait déversés, comme la Corne d´abondance, sur ses amis d´hier, des hommes de la pire engeance.
Les révélations de Moumen feront l´effet d´une bombe dévastatrice tant les ramifications du scandale éclabousseront de hauts dirigeants d´une République canaille. L´on comprend l´immense déception de l´homme par rapport à l´ingratitude de ses amis d´hier qui avaient tout intérêt à lui préparer son linceul pour ne plus lui rendre compte des milliards indûment prélevés sur les comptes des épargnants de sa banque. Cela sans parler des villas, des appartements, des véhicules Mercedes blindés et autres services rendus à leurs progénitures, et maîtresses.
Moumen Khalifa n´y est pas allé avec le dos de la cuillère dans son premier communiqué. Ses accusations contre le président Bouteflika, même si elles sont dures, ne peuvent pas être uniquement le concentré d´une haine recuite qu´il voue au premier magistrat du pays parce qu´il ne lui avait pas tendu une main secourable. C´est une dénonciation. Un coup de semonce à l´endroit du Président et de tous ceux qui l´ont «flingué» après s´être goulûment rassasiés de sa soupe. C´est un homme blessé, humilié qui vient seulement, pour l´instant, d´éternuer.
L´observateur averti est convaincu qu´avec toutes ses casseroles au feu, les jours de Bouteflika à la présidence sont désormais comptés. Et ce n´est pas à la victime de s´encombrer de scrupules à l´heure où les dés sont jetés.
Moumen Khalifa, qui vit en exilé en Grande-Bretagne, a enfin appris à ses dépens que Bouteflika, dans son sultanat d´Alger, n´est pas la reine d´Angleterre, et c´est pour cela que certainement «demain est une puissance cachée».
Le grand casino de la vie n´a pas fini de nous livrer son lot de surprises.

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