TAYEB BELAIZ RÉPOND À DJABALLAH ET SOLTANI
«Que ceux qui insultent les institutions assument»
La polémique autour du projet de révision du code de la famille s’accentue, au fur et à mesure qu’approche le jour de son examen par le parlement.
Après les accusations de «modification» des résolutions et autres menaces voilées des islamistes de faire barrage au texte de loi proposé par le gouvernement, le ministre de la Justice et garde des Sceaux a qualifié de «gravissimes» ces accusations d´autant plus qu´elles visent les institutions de l´Etat. M.Tayeb Belaiz est formel: la nouvelle mouture du code de la famille «n´est contraire à aucun texte du Coran ni de la Sunna» Les amendements introduits par la commission Boutaréne sont, à en croire le ministre de la Justice qui s´exprimait en marge de la 6e conférence Panafricaine des Croix et Croissant-Rouge, «conformes à la chariaâ et s´inscrivent dans le sillage des conventions internationales auxquelles l´Algérie a adhéré». Celles, notamment qui consacrent l´égalité des sexes. Pour M.Belaiz, «il est du droit du peuple algérien de débattre l´avant-projet de code de la famille, à condition que cela se fasse dans le strict respect des institutions». Le ministre considère que les «fetwas» de certaines formations politiques hostiles au texte proposé par le gouvernement engagent leurs auteurs qui «doivent assumer leurs responsabilités» poursuit-il.
En somme, d´après le ministre, l´actuel texte de loi doit être révisé et la femme ne doit plus rester au stade de mineure à vie. Quant à l´adoption ou au rejet du texte de loi, il reste au peuple de s´exprimer en toute souveraineté, à travers ses représentants au niveau des deux chambres du parlement.
Les propos du ministre de la Justice se veulent être une mise au point, voire même une mise en garde aux cercles islamo-conservateurs qui veulent à tout prix faire capoter un texte de loi que d´aucuns ont qualifié de «révolution-naire». Il est utile de rappeler que, lors de sa dernière conférence de presse, le président du mouvement El Islah Abdallah Djaballah avait promis de faire échec au «coup de force» du gouvernement par des «actions pacifiques». La même menace a été brandie par le président du MSP qui considère que «les amendements du gouvernement sont une incitation à la rebellion de la population».
Enfin, interrogé sur la date de l´examen de l´avant-projet de code de la famille par le parlement, Belaiz rétorque: «Il sera soumis au parlement au moment opportun.»