OULD KABLIA À L’EXPRESSION
«Tous nos Touareg ont leurs papiers d’état civil»
Ce lancinant dossier est pris en charge par les autorités judiciaires.
«L´ensemble des Touareg algériens disposent de papiers d´état civil. Le dossier est déjà réglé. Ceux qui n´ont pas obtenu leurs pièces ne sont pas des Touareg algériens, ils sont d´ailleurs», a confié hier à L´Expression M.Ould Kablia, ministre délégué chargé des Collectivités locales, en marge des travaux du Sénat.
Ce lancinant dossier est pris en charge par les autorités judiciaires. Exactement au niveau du tribunal de Sidi M´hamed qui a étudié les dossiers transférés de la cour de Tamanrasset. «Cette affaire est purement juridique. Elle n´a pas de rapport avec la politique ou autre», a ajouté le ministre délégué.
En effet, l´article 99 de la loi sur l´état civil algérien est clair: il stipule qu´il est nécessaire que le verdict soit prononcé par le tribunal de Sidi M´hamed à Alger étant donné qu´il est l´instance habilitée à enregistrer les actes d´état civil en retard pour les personnes nées à l´étranger dans le cas où les services consulaires algériens à l´étranger accuseraient un retard à les inscrire. Les milliers de Touareg algériens à Tamanrasset, In Guezzam et Tin Zaouatine en plus des Touareg nés au Niger et au Mali, revendiquent leur inscription au niveau des services d´état civil algériens. Ces derniers n´avaient aucune pièce d´identité, ils ne pouvaient, dans ce cas retirer des actes de naissance, des certificat de nationalité ou la carte d´électeur. Questionné M.Ould Kablia n´a pas donné le nombre exact de Touareg en Algérie. «Leur nombre ne nous intéresse pas», précise-t-il. Il a tenu à insister sur le fait que «la justice algérienne est prête à recevoir de nouveaux dossiers. Les recours seront étudiés soigneusement si les concernés apportent des preuves». «Je tiens à rappeler que ce n´est pas une affaire politique et ce n´est donc pas au gouvernement de décider si telle ou telle personne est Touareg algérien, nigérian ou malien. Cela revient à la justice qui se base sur des documents, la généalogie et l´appartenance aux tribus». Selon notre source, les Touareg viennent de leur propre initiative demander leurs pièces d´identité. Selon un rapport publié par la presse, il y a plus de 17.000 Algériens nés à l´étranger et plus précisément dans les villages et régions frontalières, à l´intérieur des territoires maliens et nigérians. Rappelons que les Touareg étrangers originaires des deux pays précités ont franchi les frontières algériennes pour plusieurs raisons. La dernière incursion en date remonte au mois de février où des rebelles touareg, poursuivis par l´armée malienne, ont pénétré dans le territoire algérien. Plusieurs véhicules et des vivres furent saisis par les services de sécurité algériens. Les bandits ont tout abandonné sur place. Un responsable algérien, membre du comité de suivi de l´Accord de paix d´Alger, signé en 2006 entre le gouvernement de Bamako et les rebelles touareg, a confirmé l´information rapportée par la presse malienne. «Nous confirmons: un groupe d´hommes armés, poursuivis par l´armée malienne, est entré sur notre territoire, les enquêtes sont en cours», a-t-il affirmé.
Par ailleurs, la connexion de plusieurs tribus de Touareg avec les groupes terroristes en Algérie et le banditisme est confirmée par les enquêtes des services de sécurité et mis en relief à l´occasion des prises d´otages dont furent victimes des touristes étrangers. Dans un autre chapitre, M.Ould Kablia a affirmé à L´Expression que le gouvernement n´est pas pressé de passer au nouveau découpage local. «Le plan d´action s´appliquera par séquences. Et les choses passeront au fur et à mesure. On ne peut pas faire le tout en un mois.»
Les wilayas déléguées verront le jour, poursuit-il, quand le projet sera suffisamment maturé. «Toute chose concrète doit tout d´abord être mijotée en tant qu´idée afin qu´elle soit acceptée», a-t-il conclu. Enfin, notre source affirme que le gouvernement n´a pas arrêté une liste définitive des wilayas déléguées.