L'Expression

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L’escroc avait des dettes

Le président était tout heureux de mener ce procès en appel, car il s’était bien amusé pendant toute la durée des débats, devant les dribbles inutiles du prévenu, qui a finalement …

Et c'est là où les ennuis vont commencer. Des bulles, des briques rouges et grises, une pluie de casse-tête en un mot. Il passe en appel, pour «escroquerie» fait prévu et puni par l'article 372 du code pénal, établie d'autant plus que le prévenu avait complètement désarçonné.
Me Med Djediat, son avocat, qui ne s'attendait sûrement pas à ce que son client reconnaisse à la barre les faits qui lui sont reprochés, s'en ait remis à la seule application de la loi. Les deux victimes présentes ont tellement bien présenté la chose, que le prévenu, avant même que ne commence l'interrogatoire, s'est mis à trembler de toute sa frêle et pâle carcasse. L'avocat s'approcha du justiciable, et lui murmura quelques syllabes, dans l'évident but de le calmer. Son visage était défait.
Aucune expression n'était «lisible» sur sa face plus que livide, si ce n'était la trouille des trois ans fermes prononcés par le tribunal correctionnel de Blida.
Le malheureux qui était depuis huit mois, déjà ex-fonctionnaire savait que la cause était entendue. Il cracha le morceau, après plusieurs tentatives d'esquives inutiles. Mais, durant les débats, presque par hasard, il s'affala, reconnaissant le méfait. Soudain, il pleura à chaudes larmes, en se remémorant la perte de son emploi, à cinquante deux ans. Il redemanda pardon à la police, aux enquêteurs:
-- «Mais pourquoi donc avoir escroqué des gens venus en toute innocence, vous demander de les aiderr?» reprocha, sans ton, le magistrat, solidement encadré par deux conseillères expérimentées, qui eut pour simple principale réponse, un petit silence... «Assourdissant». Tant l'évidence du délit, y était. «Dites nous un peu comment arrivez-cous à escroquer d'innocents citoyens, alors que le mot d'ordre national est: «Khaoua, khaoua!»
-- Cela nn'arrive qu'aux gens cupides et stupides. Et de toutes les façons, il y a eu des victimes bien placées, qui n'ont pas osé se plaindre, car elles auraient pu passer aux yeux des autorités, et surtout, de leurs familles, pour des crétins, pire, des imbéciles, de minables cupides...Et je...
--Cela suffitt! Sinon, vous allez ajouter à votre inculpation, d'autres plus tranchantes, si vous n'arrêtez pas vos insultes devant la cour! Puis, il passa aux fameuses excuses de ne pas s'être acquitté de sa «dette». Il évoqua le chantage, on ne saura pas le pourquoi de ce terme, qui n'avait rien à voir avec l'inculpation, se cachant derrière le fait qu'il était très endetté, et que par conséquent, il ne lui restait plus qu'à soutirer de l'argent aux citoyens plaignants. D'ailleurs, une des deux victimes a passé neuf pénibles minutes face au juge qui lui reprochait d'avoir été une sorte de petit corrupteur. Et le juge de tirer un autre coup:
--´´Est-ce que vous auriez offert cent cinq millions à quelquu'un que vous ne connaissez pas?´´
-- ´´ Non, M.. le président, je voulais seulement l'aider. ´´répondit la victime qui réalisa le fait, puisque le magistrat le gronda tout en lui rappelant son statut de... victime. Le président posa deux autres questions au prévenu sur, d'une part le pourquoi de cette démarche suicidaire et, d'autre part, la déviation de la confiance placée en lui par l'Etat en vue d'aider les citoyens, pas de les déplumer.
Le pauvre prévenu ne tenait plus debout. Il tremblait, tremblait à faire pitié, à telle enseigne que les trois magistrats ne purent fixer longtemps de grand bonhomme qui gaffa au passage en arguant du fait que s'il avait escroqué les deux personnes, c'était pour ses enfants, et pour cela, il avait décidé «d'ouvrir un petit commerce». Cet argument ne suffira pas à ébranler le juge, qui, sur le siège, après une très courte mise en examen, au cours de laquelle, puisqu'il se concertera trois minutes avec les deux conseillers, puis abaissera la peine prononcée en 1ère instance: de un an ferme, à six (6) mois d'emprisonnement ferme.
Pour la 1ère fois depuis la date de son, interpellation, le désormais ex-prévenu libre, sourira, et sa face blême lors de tout le procès, prendra des belles couleurs.
Il le fera en direction de son avocat, d'abord, de son épouse, ensuite, et de son ami de toujours, Ismaïl. N. qui lui aussi sourit après avoir chialé durant toute la durée des débats.
Il avait versé des larmes d'argent, preuve, s'il en est que l'amitié reste, même durant, ou après une incarcération!

De Quoi j'me Mêle

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