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MALAISE AU SEIN DE L’ARMÉE MAROCAINE

Des terroristes corrompent des militaires

Dans un communiqué rendu public le 5 janvier, le ministère marocain de l’Intérieur a ouvertement accusé l’Algérie d’abriter des camps d’entraînement d’Al Qaîda au Maghreb.

C´est l´histoire de l´arroseur arrosé. Des soldats des Forces armées royales font ami-ami avec Aqmi. Rabat est dans l´embarras. Après avoir annoncé avec tambours et trompettes, mardi dernier, le démantèlement d´une cellule terroriste dont le lien avec Al Qaîda au Maghreb islamique serait attesté, les responsables marocains tempèrent leur discours. Quelle est la raison de cette subite marche arrière? Des militaires des Forces armées royales sont soupçonnés d´avoir facilité l´entrée d´un important lot d´armes exhibé au cours d´une grandiose et grossière mise en scène. «Les 27 personnes qui ont été arrêtées début janvier dans plusieurs villes du Royaume, notamment Casablanca, Rabat et Fès (Centre) et sont toutes de nationalité marocaine», a confié une source sécuritaire à l´AFP. Le plan échafaudé par le pouvoir marocain pour diaboliser ses voisins (Algérie Mali...) est tombé à l´eau. L´affaire est une affaire maroco-marocaine. Le correctif est de taille. Il met en exergue le malaise dans lequel se trouvent les soldats du Royaume chérifien.
«Les investigations menées à ce sujet ont révélé que ces trafiquants étaient en relation avec cinq militaires appartenant au 59e Régiment d´infanterie d´Amgala...», a déclaré à la presse, mercredi matin à Rabat, le ministre marocain de l´Intérieur. «Ces militaires facilitaient aux trafiquants l´introduction des produits de contrebande en contrepartie de sommes d´argent, sans même vérifier la nature de ces produits de trafic illégal qui étaient convoyés principalement à dos de chameau», a précisé Taïeb Cherqaoui.
Le premier policier du Maroc veut sans doute donner des militaires marocains une image d´enfants de choeur! L´essence de la corruption consiste à fermer les yeux. Le ministre marocain n´en nie cependant pas le caractère même s´il bannit ce mot de son «speech». «La plus grande partie des produits de contrebande était disposée dans des caissons.
Les militaires mis en cause touchaient une contrepartie pécuniaire moyennant la facilitation de l´introduction de ces produits en territoire national, à partir du poste de surveillance dont ils avaient la charge», a-t-il ajouté en soulignant que des recherches sont en cours pour mettre hors d´état de nuire des trafiquants impliqués dans l´introduction d´armes au Maroc. Tout en tentant de minimiser l´affaire, le ministre marocain de l´Intérieur reconnaît à demi-mot que le cas est loin d´être isolé. Le ton adopté est moins triomphaliste que celui d´il y a à peine une semaine.
«Les services de sécurité marocains ont réussi à démanteler une cellule terroriste composée de 27 éléments dont un membre d´Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi) chargé par cette organisation de créer une base arrière au Maroc et de préparer un plan pour y commettre des actes terroristes», avait annoncé dans un communiqué le ministère marocain de l´Intérieur, répercuté par l´agence de presse officielle marocaine MAP le 5 janvier 2011. «Les investigations ont permis la découverte d´un arsenal d´armes cachées dans trois sites près d´Amghala à 220 km de Laâyoune. Les membres de cette cellule encadrée par un citoyen marocain se trouvant dans les camps d´Al Qaîda dans le nord du Mali, projetaient de perpétrer des actes terroristes à l´aide de ceintures explosives et de voitures piégées visant en particulier les services de sécurité, et de braquer des agences bancaires pour disposer des fonds nécessaires au financement de leurs projets terroristes», poursuit la dépêche de MAP qui insinue insidieusement que les personnes arrêtées projetaient de rejoindre des camps d´entraînement d´Aqmi implantés en Algérie.
«Le réseau terroriste démantelé projetait également d´envoyer des volontaires aux camps d´Aqmi en Algérie et au Mali pour y effectuer des entraînements paramilitaires avant de retourner au Maroc pour exécuter leurs plans destructeurs en utilisant les armes découvertes près d´Amghala», accuse injustement le texte du département de Taïeb Cherqaoui.
Une stratégie adoptée depuis maintenant plusieurs mois par le Makhzen pour faire passer son discours récurrent sur la «menace» qui pèse sur son intégrité territoriale dont l´objectif est de faire la promotion de son projet d´annexion définitive du Sahara occidental.
Ce que lui conteste farouchement le peuple sahraoui. Il faut signaler que ce n´est pas la première fois que le pouvoir marocain est en prise avec son armée. En effet, sur un autre plan, la publication d´un dossier intitulé «Les rapports secrets derrière l´état d´alerte au Maroc», le 14 juillet 2007 par l´hebdomadaire marocain El Watan el an, avait mis en alerte les services de sécurité marocains. Huit militaires dont trois colonels ont été condamnés par la justice marocaine à des peines allant de six mois à cinq ans de prison pour avoir transmis à ce journal des documents confidentiels se rapportant à la lutte antiterroriste.
De la divulgation d´information à la pratique du bakchich, l´armée marocaine a allègrement franchi le pas.

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