L'Expression

{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

PAYS DU SUD DE LA MÉDITERRANÉE

L’Europe révise sa politique d’aide

L´Europe engage depuis hier une refonte de sa politique d´aide aux pays de la rive sud de la Méditerranée, accordée jusqu´ici avec trop de complaisance à des régimes autoritaires, avec comme point d´orgue une visite, demain, de sa chef de la diplomatie en Egypte. Les Européens, qui apparaissent à la traîne des Etats-Unis depuis le début de la vague de contestation dans le Monde arabe ayant déjà balayé le Tunisien Zine El Abidine et l´Egyptien Hosni Moubarak, tentent désormais de remonter la pente. Même s´ils restent conscients que les Etats-Unis continuent à jouer les premiers rôles. La haute représentante de l´UE aux Affaires étrangères, Catherine Ashton, devrait être le premier visiteur de haut rang à se rendre en Egypte depuis la chute du raïs, ce soir et demain. «Les autorités égyptiennes souhaitaient que ce soit l´UE qui vienne en premier», souligne un diplomate européen de haut rang. «Elles ont apprécié que l´UE fasse preuve de plus de retenue que les Etats-Unis dans les pressions pour faire partir Moubarak», dit un autre. Mme Ashton fera le point au Caire des besoins d´aide de l´Egypte. La question devait être dès hier soir à l´ordre du jour d´un dîner de travail à Bruxelles des ministres européens des Affaires étrangères. Ils entendent remettre à plat leur politique de soutien à leurs voisins du Sud, dite «politique de voisinage», et discuter ensuite aujourd´hui des mesures concrètes de soutien à la transition démocratique. Pour l´Italien Franco Frattini, «l´Europe doit agir vite» en proposant un véritable «Plan Marshall» au monde arabe. Sinon, cela «conduira à plus d´immigration illégale, de terrorisme et de radicalisme islamiste», a-t-il averti. Globalement, l´UE envisage de conditionner plus sévèrement ses subsides au respect de l´Etat de droit et d´opérer une «différenciation» entre les pays. Un document diffusé par Berlin propose ainsi de lier davantage l´aide européenne à «l´évaluation des progrès» sur le plan de la démocratie et des droits de l´homme et «à l´inverse de sanctionner les reculs» en la matière. Plusieurs pays de l´UE riverains de la Méditerranée plaident aussi pour un effort accru en faveur des voisins du Sud. «Les disparités d´enveloppes (des fonds européens) sont aujourd´hui difficilement justifiables et soutenables», estime un document cosigné par la France, Malte, l´Espagne, Chypre, la Slovénie et la Grèce. Il relève que l´UE donne seulement 1,8 euro par habitant et par an à l´Egypte, 7 euros à la Tunisie mais 25 euros à la Moldavie. Le risque d´une redistribution des fonds, susceptible de se faire au détriment des voisins de l´ex-URSS, inquiète l´Europe de l´Est. La présidence hongroise de l´UE est déjà furieuse d´avoir dû renoncer à organiser en mai un sommet du «partenariat oriental» qui lie l´UE à l´Arménie, l´Azerbaïdjan, le Bélarus, la Géorgie, la Moldavie et l´Ukraine. «Nous voulions à l´origine obtenir une augmentation des fonds prévus dans le cadre du partenariat oriental, mais à présent si nous parvenons à maintenir les montants inchangés ce sera déjà bien», commente un diplomate d´un pays d´Europe orientale. Paris, Rome et les autres capitales de sud de l´UE veulent aussi tenter de relancer l´Union pour la Méditerranée, chère à la France mais enlisée depuis ses débuts du fait de l´impasse israélo-palestinienne. «La crise actuelle pourrait être un stimulus pour rediriger l´UPM vers les projets concrets annoncés à son lancement», comme des autoroutes maritimes ou terrestres ou bien des projets d´énergies renouvelables, juge Franco Frattini. L´UE a aussi décidé de mieux coordonner son aide avec ses partenaires internationaux: ce sera l´objet d´une réunion mercredi de hauts fonctionnaires à Bruxelles.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes éditions de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours