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La Russie renforce ses liens avec le Mali, le Niger et le Burkina

Une reconfiguration géostratégique au Sahel

Les trois pays du Sahel voient dans la coopération militaire et économique avec la Russie un moyen de sortir d’une approche de domination néocoloniale qui impactait leurs relations avec la France, ancienne puissance coloniale.

La Russie vient de déclarer que ses liens avec l’Alliance des États du Sahel (AES) vont être renforcés. Cette déclaration confirme l’analyse de certains experts européens sur les développements que traversent les pays du Sahel en alertant sur la perte de l’influence géostratégique de pays occidentaux et à leur tête la France, ancienne puissance coloniale dans la région.
Le renforcement des liens entre la Russie et le Mali, le Niger et le Burkina s’est manifesté à travers la coopération militaire en premier lieu. Le communiqué qui a été publié par les services diplomatiques russes dans la région du Sahel a souligné que «la Russie et l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont félicités, jeudi, du renforcement de leurs liens, en premier lieu les militaires». «La Russie est prête à faire tout son possible pour aider l’Alliance des États du Sahel à mettre en œuvre ses ‘’priorités’’, notamment à assurer ‘’la défense et la sécurité’’ dans la région», a rappelé le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse commune avec ses homologues africains. Toujours dans le même sillage, Sergueï Lavrov a signalé que «Moscou va notamment organiser des ‘’cours spéciaux’’ pour former les militaires de l’AES, utiliser ‘’ses instructeurs dont beaucoup sont déjà déployés’’ dans ces trois pays et livrer ‘’du matériel militaire’’. La coopération militaire se déroule ‘’de manière active’’ et ‘’s’intensifie’’ notamment avec le Mali». S’agissant de la lutte antiterroriste, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a souligné «la lecture commune de la lutte contre le terrorisme. Si la Russie est un allié sincère et constant de l’Afrique, l’Ukraine, nous la considérons comme un État terroriste tout simplement». Pour rappel, en août 2024, le Mali avait «rompu ses relations avec l’Ukraine, en raison de l’implication, selon Bamako, de Kiev dans une lourde défaite de l’armée malienne et du groupe paramilitaire russe Wagner lors de combats avec les séparatistes et des terroristes». La Russie vient de signer des accords de défense avec les trois pays de la région du Sahel. À ce propos, la «volonté commune est de construire un partenariat dynamique et sincère (...), mais aussi un partenariat gagnant-gagnant», selon Diop, lors de la réunion quadripartite à Moscou. Les trois pays du Sahel voient dans la coopération militaire et économique avec la Russie un moyen idoine de sortir d’une approche de domination néocoloniale qui impactait leurs relations avec l’ancienne puissance coloniale, à savoir la France. Ainsi, le chef de la diplomatie du Niger, Bakary Yaou Sangare, a exprimé les salutations de son pays à l’égard de la Russie, en soulignant qu’il s’agit d’un «évènement historique (...) qui marque un tournant, en assurant qu’avoir la Russie à leurs côtés pour lutter contre le terrorisme compte beaucoup pour les trois pays sahéliens». Il faut rappeler que les trois pays sahéliens ont quitté officiellement, en janvier, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qu’ils estiment notamment inféodée à la France, pour former l’AES. Les experts de la sécurité et de la géostratégie dans la région du Sahel soulignent que «le Mali, le Niger et le Burkina Faso forment, le 6 juillet 2024, la Confédération des États du Sahel (CES), marquant un nouveau pas dans la coopération entre ces pays. Cet événement s’inscrit dans la continuité de l’Alliance des États du Sahel (AES), formée entre ces trois mêmes pays le 16 septembre 2023. Cette alliance fut originellement mise en place afin de redéfinir la lutte contre le terrorisme par la création d’une force militaire commune, de même que pour remodeler les équilibres régionaux. D’autre part, cette annonce fut effectuée lors du processus de retrait de ces pays de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), considérée comme instrumentalisée par la France», affirment les analystes. Ce qui est sûr, la région du Sahel constitue un enjeu stratégique pour les puissances internationales. C’est pourquoi les trois pays sahéliens visent à se débarrasser de l’ancienne puissance coloniale et asseoir une nouvelle relation avec les États forts qui respectent leur souveraineté.

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